L'union des producteurs de cinéma (UPC) a aujourd'hui tenu à répondre à la fédération des cinémas français (FNCF) qui avait dénoncé la sélection du Festival de Cannes. Jugeant que les productions Netflix ne devaient pas être présentes sur la croisette, les exploitants prétendaient qu'il ne s'agissait pas d’œuvres cinématographiques...

La réponse aura pris plus d’une semaine à être finalisée, mais elle est claire et nette : pour les producteurs de cinéma français, les exploitants doivent arrêter de se moquer du monde. Alors que la FNCF avait visé la sélection du Festival de Cannes 2017 le 18 avril avec un communiqué cinglant, c’est par un communiqué pas moins dur que l’Union des Producteurs de Cinéma (UPC) répond aux salles de cinéma.

Occupez-vous de vos salles !

En premier lieu, les producteurs rappellent que la sélection des films étrangers présentés au festival ne peut pas se faire sur des critères hexagonaux. Ces films financés et réalisés à l’étranger ne doivent strictement rien à l’industrie française, qui n’y participe d’aucune manière. L’UPC dénonce « une démarche portant atteinte à la liberté artistique du premier festival international du film au monde. »

Sans prendre la défense de Netflix qui présentera deux longs métrages lors du festival, les producteurs notent que les exploitants ont une indignation sélective : ce n’est pas la première fois que des films présentés sur la Croisette sortiront en direct to video, c’est pourtant la première fois que cela suscite une telle réaction. Les producteurs enfoncent le clou en rappelant aux exploitants qu’ils sont loin d’être suffisamment irréprochables pour s’offrir le loisir d’un tel coup d’éclat à l’encontre de Netflix.

En effet les deux plus grandes chaînes d’exploitants — l’UPC ne nomme pas UGC et Gaumont — viennent de choisir de réduire la durée d’exposition des films européens et indépendants à une seule semaine en pleine programmation, contrevenant ainsi aux accords des Assises pour la diversité du cinéma de 2016. Loin d’être en règle avec la législation française, la FNCF ferait mieux de se préoccuper de ses propres conditions d’exploitations et de son mépris commercial pour le cinéma indépendant plutôt que des choix de Netflix et du Festival selon les producteurs français.

Cette prise de position de l’UPC, sans défendre aucun modèle, rappelle aux exploitants qu’ils sont loin d’être irréprochables et ne sont guère de bons élèves de la diversité cinématographique. À l’inverse de Netflix ? Le syndicat termine en tout cas son communiqué par une invitation à réformer la chronologie des médias…

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