Neil Young avait fait son entrée dans le business de la musique numérisée en 2014 lorsqu'il proposait aux audiophiles une boutique en ligne Hi-Fi et un baladeur haute fidélité tous deux intitulés Pono. Face à une concurrence féroce, l'auteur d'Harvest préfère aujourd'hui jeter l'éponge et se tourner vers le streaming haute résolution.

C’est par un message à sa communauté Pono que le chanteur canadien Neil Young a annoncé que sa boutique de fichiers Hi-Fi, fermée l’été dernier, va devenir un service de streaming haute fidélité à la Tidal. Cette nouvelle plateforme, appelée Xstream, viendra remplacer Pono qui, depuis son lancement en 2014, n’a pas réussi à s’imposer comme un concurrent crédible face aux autres boutiques en ligne, d’iTunes à Amazon.

Young veut proposer des prix attractifs et de la qualité

L’été dernier, le fournisseur de la boutique en ligne (Omnifone) mettait en effet les clefs sous la porte, entraînant de fait la fermeture du service de Young qui depuis a lutté en vain pour trouver une cible prête à payer pour son service premium.

Mais face à l’essor du streaming et à une baisse des tarifs de la musique, le pari du chanteur ne pouvait plus faire mouche. Une défaite que ce héros du rock reconnaît non sans amertume : « Nous ne pratiquerons pas une tarification premium pour ce service, écrit-il, ajoutant qu’aujourd’hui, le consommateur suit le prix, pas la qualité.  » De fait, Young espère proposer les deux avec Xstream dont le lancement serait pour « bientôt ».

Concernant la qualité — si chère à l’artiste — des flux audio sur son futur service, Young précise : « A contrario de tous les autres services de streaming qui sont limités à une faible ou à une qualité moyenne, Xstream jouera la meilleure qualité possible sur votre réseau et s’adaptera à votre bande passante. Nous proposerons un seul fichier haute qualité qui sera compressé au besoin afin que la musique ne s’arrête jamais.  »

Ainsi, pour ne pas ralentir le téléchargement des flux lorsque votre bande passante faiblit — en voiture par exemple — le futur service du chanteur n’imposera pas un gros fichier .flac en toutes conditions.

Neil Young explique également dans son billet les différentes difficultés qu’il a rencontré durant les derniers mois de Pono, de l’échec et la fermeture d’Omnifone, son premier fournisseur, aux contraintes imposées par 7digital, un autre fournisseur de musique dématérialisée. Face à un marché trop difficile et dans lequel Young ne pouvait pas jouer la carte du prix, le chanteur a choisi d’abandonner, préférant poursuivre son utopie de démocratiser le son haute-fidélité aux masses grâce au streaming.

Il ne reste plus qu’à attendre le lancement du fameux service pour voir s’il parviendra à bousculer l’industrie, qui s’est justement cristallisée l’année passée autour d’Apple et Spotify, laissant de nombreux acteurs récupérer les miettes de leur combat, à l’instar de Tidal dont les abonnements ne décollent plus.

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