Le rappeur américain Jay Z a retiré la majeure partie de sa discographie du service de streaming musical Spotify. L'artiste, propriétaire du service concurrent Tidal, tente visiblement de lui donner un coup de boost pour s'imposer sur le marché de la musique en ligne.

Jay Z est désormais quasi-absent de Spotify : le rappeur américain vient de retirer neuf de ses douze albums qui étaient disponibles sur la plateforme de streaming musical. On y trouve donc seulement ses trois premiers disques : Reasonable doubtIn My Lifetime et Hard Knock Life, ainsi que plusieurs singles ou best-of.

Interrogé par la BBC, Spotify a confirmé « qu’une partie du catalogue de Jay Z a été supprimée à la demande de l’artiste » Si vous souhaitez écouter le rappeur sur Spotify, vous aurez donc le choix entre les quelques morceaux suivants.

Jay Z a aussi retiré une partie de son catalogue d’Apple Music avant de finalement le remettre sur la plateforme, sans fournir aucune explication.

Comment expliquer cette décision de Jay Z si ce n’est par la volonté de faire décoller Tidal, son service de streaming concurrent, qu’il s’est offert en 2015 avec le rachat de la société Aspiro ? Cette transaction n’a pas arrangé la situation financière du service norvégien, dont les pertes ont été estimées à 239 millions de couronnes suédoises en septembre 2016.

Le paradoxe Tidal

Si Tidal ne compte qu’à peine un million d’abonnés — contre 50 millions pour Spotify –, l’entreprise a attiré l’investisseur Sprint en février 2017, qui a injecté 200 millions de dollars dans le service de streaming. Tidal nage en plein paradoxe : jamais autant valorisé, il n’a également jamais été en aussi mauvaise santé qu’aujourd’hui.

Ce n’est pas la première fois qu’un(e) artiste fait le choix de supprimer ses contenus de la plateforme Spotify. En 2014, la chanteuse Taylor Swift retirait l’intégralité de son catalogue, considérant que le service ne rémunérait pas assez les artistes. De la même manière, l’album 25 d’Adele n’avait été diffusé sur aucun service de streaming musical pendant les sept mois qui ont suivi sa sortie.

Beyonce avait accordé à Tidal l’exclusivité de son album Lemonade, un choix qui a provoqué un véritable regain d’intérêt pour le Peer-to-Peer parmi les internautes avides d’écouter (sans payer) le nouvel album de la star.

Par ailleurs, Spotify a récemment signé un contrat de longue durée avec Universal, permettant aux abonnés payants du service de streaming musical d’accéder provisoirement à certains albums des artistes du label américain. La concurrence s’annonce donc plutôt sévère pour Tidal, et on a du mal à croire que le retrait de l’essentiel des albums de Jay Z impacte véritablement le géant suédois.

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