Lancé aujourd'hui en France, moins d'une semaine après son arrivée aux États-Unis, Blackpills est un nouveau service de streaming qui compte peser dans les prochaines années et peut-être même initier une nouvelle tendance de consommation culturelle. Explications.

Cela fait bientôt plus d’un an que journalistes numériques, cultures et médias entendent parler, comme d’un arlésienne, de Blackpills, un projet toujours en projet qui selon les indiscrétions serait fortement soutenu par Xavier Niel. Dévoilé en France ce mercredi, Blackpills est finalement devenu une réalité : un service SVoD freemium, orienté mobile et aux formats singuliers.

À l’origine de ce Netflix nouvelle génération, on trouve deux hommes : Daniel Marhely (fondateur de Deezer) et Patrick Holzman (co-fondateur d’Allociné). Ces deux grands noms du web français, alimentés de diverses réflexions sur l’évolution du marché des contenus, ont fini par tomber d’accord sur un projet de SVoD hybride qui espère à la fois nous prendre du temps de cerveau disponible tout en nous invitant à consommer nos divertissements autrement.

Mobile first ?

À la manière de Studio+ (groupe Canal) qui imaginait séduire l’Amérique du Sud avec des formats très courts capables de rivaliser avec les contenus plus vraiment amateurs que l’on trouve sur YouTube, Blackpills pense mobile first comme aiment le répéter les fondateurs. Pour eux, cette priorité donnée aux mobiles s’exprime à la fois par un biais générationnel — toucher une audience jeune et active en ligne — et technique — tous les contenus sont adaptés au format de l’écran, à une interface mobile et à un timing serré.

Imaginé à la manière d’un freemium Blackpills proposera deux options pour ses futurs utilisateurs : la première, gratuite, vous permettra de regarder, chaque jour, les nouveaux épisodes des séries originales que vous suivez, avec publicité et en qualité HD ; la seconde, sera  premium et pour a priori moins de 10 € par mois, les abonnés auront accès à tous les épisodes dès le jour de leur sortie ainsi qu’à une qualité 4K pour téléviseurs notamment.

Toujours côté business, le nom de la société a longtemps été associé au nom de Xavier Niel même si, en réalité, l’implication du fondateur de Free est principalement — mais considérablement — financière. Luc Besson et Europa Corp. font également parti des anges qui volent au dessus du berceau de la startup. Le réalisateur français a par ailleurs signé pour la plateforme une série Playground.

Pastilles addictives

En nommant leur service Blackpills, les deux fondateurs ne font de mystère sur le ressort de leur business : l’addiction aux contenus des 15 – 30 ans. En ne produisant que des contenus maisons, la compagnie espère reproduire un effet Stranger Things soit un buzz culturel suffisant pour engranger de nouveaux abonnements à cause, justement, d’une addiction aux contenus.

Désormais officielle en France et aux États-Unis, la plateforme se prépare à conquérir également l’Europe et plus généralement le monde en multipliant les partenariats avec les telco et les grands broadcasters.

L’application sera disponible sur iOS dans quelques jours.

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