Chaque week-end, c'est la compilation de l'actualité de la propriété intellectuelle et de ses dérives, concoctée par Lionel Maurel et Thomas Fourmeux.

Cette semaine, le Copyright Madness revient sur les péripéties au Louvre avec un étudiant qui s’est fait escorté par la police pour avoir pris des photos des oeuvres exposées mais aussi une histoire assez originale autour des films pornographiques téléchargés depuis le net. Bonne lecture et à la semaine prochaine !

Copyright Madness

Lard. Le milieu de l’art plastique n’échappe pas à l’épidémie de dérive en matière de droit d’auteur. Cette semaine, nous apprenons que l’artiste Jeff Koons et le Centre national d’art et de culture Georges-Pompidou ont été condamnés dans une affaire de contrefaçon. Jeff Koons est accusé de plagiat pour une œuvre représentant deux enfants et qui ressemble à l’œuvre d’un photographe français réalisée en 1975. Ce dernier est mort depuis quelques temps mais c’est sa femme qui a attaqué Koons pour plagiat. Quant au musée, il a été condamné pour avoir diffusé des supports de communication affichant l’œuvre incriminée. Si ça se trouve, le photographe n’y voyait aucun inconvénient au fait que sa photo inspire un plasticien. Le droit d’auteur se transforme encore une fois en privilège des ayants droit.

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CC Rae Allen

Facepalm. Les établissements culturels français décrochent régulièrement une place dans les colonnes du Copyright Madness. On en parlait encore la semaine dernière. Cette fois, c’est le musée du Louvre qui est à l’honneur. Un utilisateur sur Twitter, prénommé Guillaume, rapporte qu’il a visité une des expositions présentées par le musée et a souhaité prendre en photo des œuvres, comme la loi l’autorise. Cependant, la direction du musée ne l’a pas entendu de cette oreille et a envoyé les gardes-chiourmes pour l’empêcher d’exercer son droit de s’approprier une œuvre d’art. Il a été menacé à plusieurs reprises par les gardiens. Pire, il est revenu quelques jours plus tard et a été viré manu militari par … la police ! Il est urgent que les musées comprennent que les règlements ne sont pas au-dessus des lois et que le ministère de la culture se positionne clairement en faveur des usages d’appropriation du savoir !

CULoté. On connait les trolls des brevets mais on connaît moins les trolls du copyright. Prenda Law est de ceux-là. Il s’agit d’une société chargée de surveiller les téléchargements illégaux, plus précisément les films illicites issus du milieu du X. Jusque-là, rien de très original. Toutefois les méthodes employées par cette entreprise sont dignes de méthodes mafieuses : elle n’hésite pas en effet à extorquer les personnes prises la main dans le sac en insistant sur la honte et l’humiliation que produirait un procès pour avoir téléchargé des films pornographiques. Mais cela ne s’arrête pas là : dans un procès impliquant cette entreprise, on a appris qu’elle avait elle-même mis en ligne des films pornographiques afin d’essayer d’attraper la main dans le sac des futures cibles à poursuivre.

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CC AlexVan

Trademark Madness

Patronyme. Il y a des batailles autour des marques qui sont parfois complètement hallucinantes. C’est le cas de deux entreprises qui s’affrontent pour savoir qui est propriétaire du nom Andersen. Une entreprise française a annoncé qu’elle avait l’intention de la déposer comme marque mais cela n’est pas du tout envisageable pour une entreprise basée à San Francisco qui s’appelle Andersen Tax. Les deux entreprises sont plus ou moins dans le même secteur d’activité et elles se battent pour savoir qui est propriétaire de cette appellation. On leur dit que Andersen c’est aussi un nom de famille ?

Bras De Fer
CC Gratisography

Patent Madness

Sans limite. Après les animaux à qui on essaie d’attribuer des droits d’auteur, après les robots à qui certains tentent d’accorder des droits en matière de propriété intellectuelle, c’est au tour des intelligences artificielles d’y passer : ont-elles le droit de posséder ou non des brevets ? Mais comment a-t-on pu en arriver à ce degré de folie pour savoir si une IA (aussi évoluée soit-elle) est en capacité d’obtenir des brevets ? Espérons qu’un jour, une intelligence artificielle devienne un véritable patent troll et poursuive en justice d’autres propriétaires de brevets !

Crédits : Marvel

Copyrght Wisdom

Dans le mur. Il y a quelques temps, nous vous parlions d’une dérive qui impliquait Nintendo. Le géant du jeu vidéo s’opposait à une société japonaise qui propose de faire des tours de kart déguisé en personnage de Mario dans Tokyo. Nintendo reprochait à cette entreprise de violer sa marque au motif que son activité pourrait tromper les clients, qui risqueraient de croire que c’est un service proposé par l’éditeur de jeux vidéo. L’entreprise de kart s’appelle MariCar. Nintendo a essayé de faire valoir que ce nom était en réalité une contraction de Mario Kart. Fort heureusement, le tribunal a tranché en faveur de l’entreprise de kart.

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CC Miki Yoshihito

Le Copyright Madness vous est offert par :

Lionel Maurel

Thomas Fourmeux

Merci à tous ceux qui nous aident à réaliser cette chronique, publiée sous licence Creative Commons Zéro, notamment en nous signalant des cas de dérives sur Twitter avec le hashtag #CopyrightMadness !

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