Niantic Labs prend son temps pour introduire les échanges entre joueurs dans Pokémon Go. Pour une raison simple : il ne veut pas tuer son jeu.

Si Pokémon Go, qui vient d’accueillir sa deuxième génération, est un véritable phénomène depuis son lancement l’été dernier, Niantic Labs a encore plusieurs leviers à activer pour améliorer son application qui incite les joueurs à sortir de chez eux.

L’une des fonctionnalités réclamées de longue date par les fans reste la possibilité d’échanger ses créatures pour se débarrasser de ses doublons et remplir son Pokédex, le but ultime étant de posséder tous les Pokémon. Autrement dit, sur le papier, les échanges entre joueurs pourraient permettre à certains utilisateurs excentrés d’obtenir des bestioles impossibles à dénicher à proximité. Oui, mais à une seule condition, particulièrement restrictive : la proximité physique des autres dresseurs.

Il faudra toujours sortir de chez soi

Dans un entretien accordé à Polygon dans le cadre de la Games Developer Conference 2017, le producteur Tatsuo Nomura a évoqué le dossier délicat des échanges dans Pokémon Go. Et ceux qui espéraient pouvoir alimenter leur Pokédex en restant chez eux peuvent oublier leurs espoirs : «  Les échanges ne pourront pas se faire en ligne. Vous ne devriez pas pouvoir échanger vos Pokémon avec quelqu’un qui se trouve à des centaines de kilomètres de vous… Il faudra qu’il soit à côté.  »

Niantic Labs cherche ainsi à préserver l’aspect social de Pokémon Go nourri par des interactions humaines dans la vraie vie. Et tant pis si ses choix lèsent certaines personnes, notamment les habitants des régions les moins peuplées, qui étaient déjà confrontées à des inégalités dans l’apparition des Pokémon.

Tatsuo Nomura argumente : « Je n’ai jamais vu les échanges comme un moyen de résoudre le problème d’apparition dans certaines zones. » Au contraire, il les voit plutôt comme une opportunité pour voyager vers des endroits où d’autres dresseurs sont en possession de Pokémon qui vous font défaut. « Nous ne voulons pas d’un jeu en ligne qui s’appuierait sur des échanges virtuels » conclut-il, affirmant que cela pourrait tuer Pokémon Go.

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