Le cinéma d'animation européen est en difficulté. Les films d'animation produits au sein de l'Union s'exportent mal et engrangent peu de profits, produisant un cercle vicieux dans lequel les financements sont de plus en plus difficile à trouver.

C’est en parallèle de la prestigieuse Mostra de Venise que le commissaire européen chargé de l’économie numérique a exprimé ses premiers avis sur un plan de financement européen dédié à la production du film d’animation. Dans un contexte de difficultés générales pour la production audiovisuelle européenne en mal d’exportations, notamment en France, le film d’animation est un des grands perdants.

La Reine des Neiges contre l’Europe

On constate par exemple que de 2010 à 2014, aucun film d’animation européen s’est installé dans le top 30 des productions au box office européen. Le succès féroce des productions d’Outre Atlantique, comme les derniers Disney qui ont trouvé un écho renouvelé en Europe, ou encore les Dreamworks, ont mis à mal une industrie déjà fragile. Les financements deviennent difficiles à trouver pour les studios européens, et les armes qui permettent à Disney de s’imposer grâce à des campagnes marketing titanesques ne sont pas à la portée des productions à l’intérieur de l’Union.

Union européenne
CC European Parliament

Par ailleurs, c’est également entre les frontières européennes que l’exportation des productions pose problème. En effet, l’accès au doublage et aux sous-titres ne se fait pas encore naturellement et le commissaire Günther Oettinger regrette de l’absence d’un marché unique de l’industrie du film européen.

Protectionnisme et création européenne

Néanmoins, la commission va devoir affronter une double difficulté. Premièrement, la santé financière des états membres conduit de nombreux pays à vouloir réduire les budgets culturels nationalement, mais également à l’échelle de l’Union. Par exemple, un certain nombre de voix se sont fait entendre pour baisser de 4,5 millions d’euros le fond du programme Creative Europe destiné au financement de la culture. Mais il y a également des réticences, notamment de la part de l’État français, à voir un marché unique apparaître, remettant en cause des principes de protectionnisme culturel si cher à la France et à ses restrictions.

En 2017, 100 millions d’euros seront alloués par l’Union Européenne aux productions. Une somme que le commissaire veut revoir à la hausse mais également l’accompagner de programmes de mise en commun des ressources et d’accessibilité pour réaliser ce vieux rêve d’un marché unique de la culture européenne.

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