D'abord testée en Australie, et finalement déployée cet été aux États-Unis et au Royaume-Uni ainsi que dans une liste de pays sélectionnés, Tinder Social est la dernière innovation du leader mondial de la rencontre. Absente de nos contrées, cette fonctionnalité promet de changer les rencontres.

Le dating en 2016 a un problème : les utilisateurs des applications de rencontres se sont lassés de ces rencontres froides où chacun tente de jouer à être une personne qu’il n’est pas. Ainsi, les adeptes français des rencontres se tournent de plus en plus vers des solutions alternatives, comme les opportunités de l’économie collaborative et les coups de foudre BlaBlaCar. Il y a, il faut le dire, une certaine vacuité à la rencontre à la chaîne autour d’une mauvaise bière dans un bistro où vous n’allez jamais.

Et malgré tout, Tinder doit entretenir le sentiment que l’on puisse trouver l’amour dans sa base de données, car c’est là le fondement de son business model. Alors renouveler le dating est certainement un des défis sociologiques de Tinder, pour inscrire son utilité dans la vie des utilisateurs en dehors des seules heures de fringale sexuelle.

Le faire à plusieurs, partout dans le monde

Comme nous le soulignions lors de la phase de test en Australie de Tinder Social, le réseau de rencontres entretient une ambiguïté certaine autour du caractère des rencontres qu’elle facilite. Nous titrions « Tinder propose désormais de le faire à plusieurs », alors que la société se cachait bien évidemment de toutes ambitions dans le monde des trouples (ménages à trois) et plus. En réalité, c’était même tout l’inverse, Tinder Social ambitionne de sortir le réseau de son seul rôle de dating.

Ce jeudi, pour la sortie internationale de Tinder Social, l’entreprise tente à nouveau de définir ce qu’elle propose avec ses groupes : « Parfois, nous souhaitons plus qu’une soirée à deux. Souvent, nos meilleurs nuits sont celles où nous sortons avec nos amis, l’un de nos amis nous relit à un autre groupe d’amis, et nos deux bandes passent du très bon temps ensemble. Et peut-être qu’alors nous aurons une connexion romantique.  Ou peut-être que nous nous ferons de nouveaux amis. Dans tous les cas, une bonne soirée dehors avec vos amis devient bien plus intéressante ».

l’amitié est plus rémunératrice en nombre d’utilisateurs que l’amour

Il s’agit là d’une vraie volonté de devenir bien plus qu’une application de rencontres et de devenir un réseau social plus traditionnel entre amis. Avec Tinder Social, le déverrouillage de l’option permet de composer à partir de vos amis Facebook des groupes qui s’affichent alors comme une carte unipersonnelle dans l’application. Et si deux groupes se swipent, ils peuvent alors échanger pour préparer ensemble un « barbecue ».

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Si Tinder entretient l’ambiguïté, c’est sans doute que l’entreprise ne sait pas elle-même sur quel pied danser. Le service reste fondamentalement un catalogue pour libertins et célibataires, et doit cultiver cette force auprès de sa base d’utilisateurs. Mais elle doit aussi s’étendre pour continuer à croître et aller chercher les revenus issus des simples relations d’amitié. Sommes-nous pour autant prêts à swiper en bande ? Nous ne pourrons pas le vérifier, l’option se faisant attendre en France, Tinder ayant déployé sa fonction Social dans un petit nombre de pays, dont la liste n’est pas connue.

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