Un député a questionné le gouvernement sur sa stratégie sur les batteries lithium-ion. L'élu s'alarme de l'appétit des géants américains et asiatiques pour ce secteur et de l'apparente absence de la France dans ce domaine.

La France doit-elle se doter d’une filière nationale de production de batteries lithium-ion ? Pour le député Jérôme Nury, membre des Républicains, cela ne fait aucun doute. Le parlementaire s’inquiète toutefois de l’état de préparation du pays face à cet enjeu industriel alors que la « course technologique et industrielle » s’est engagée en Asie et en Amérique du Nord pour dominer ce secteur.

Aussi l’élu de l’Orne a-t-il pris la plume pour « alerter » les autorités sur ce sprint dans lequel la France ne semble pas engagée ou, à tout le moins, mal positionnée. Dans sa question écrite adressée à Nicolas Hulot, ministre chargé de la transition écologique, le député défend la « nécessité de développer une stratégie permettant à la France de devenir un acteur de premier plan ».

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CC Opel

« La France ne doit pas rester en retrait sur cet enjeu industriel majeur car il en va de la capacité de la Nation à assurer les mobilités et son développement économique dans le monde de l’après-pétrole », justifie-t-il. Et c’est sur les batteries lithium-ion, «  procédé technologique le plus abouti à ce jour pour le stockage d’électricité », et marché « stratégique », que l’Hexagone doit investir.

Publiée au Journal officiel le 28 novembre, la question du député n’a pas encore reçu de réponse. Toutefois, le gouvernement a déjà livré à la presse quelques éléments de ses intentions en la matière. Le 20 novembre, le premier ministre tenait un discours sur « l’ambition du Gouvernement pour l’industrie » et l’on apprenait que la batterie fait partie des objectifs prioritaires de l’exécutif.

Le modèle Leaf de Nissan fonctionne avec une batterie lithium-ion.

« On ne peut pas se contenter d’un recours à une offre asiatique, alors que la batterie représentera à l’avenir une partie importante de la valeur d’un véhicule » », a déclaré Édouard Philippe. «  C’est stratégique, à la fois pour les États européens et pour les constructeurs, afin de sécuriser sur le long terme nos sources d’approvisionnement. Nous devons donc travailler ensemble et en franco-allemand ».

« S’agissant […] des batteries, il faut que nous soyons en capacité de faire émerger une offre européenne compétitive pour équiper les 9 millions de véhicules électriques qui seront en circulation en 2020 », a ajouté le chef du gouvernement. Un dossier de presse, publié pour l’occasion, reconnaît également que la technologie lithium-ion «  est la technologie la plus compétitive aujourd’hui ».

Le lithium-ion, «  technologie la plus compétitive aujourd’hui »

Ce dossier de presse présente également les axes de mobilisation pour lesquels les industriels doivent intervenir, en termes de coopération sur toute la chaîne de valeur, d’investissement dans l’innovation et dans l’exploitation des batteries de voiture qui arrivent en fin de vie. Un groupe de travail est également lancé et un « premier rendu des travaux » doit être publié d’ici la mi-2018.

Celui-ci devra en particulier favoriser la coopération de toute la filière, orienter la recherche et le développement, dans le lithium-ion mais aussi dans les solutions alternatives, assurer le devenir du secteur au niveau des formations et des emplois mais aussi envisager la mise en place d’une norme pour la batterie européenne avec des critères d’exigence en matière de sécurité, de durabilité et d’environnement.

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