Alors qu'Airbnb a déclaré que la réglementation qui interdit aux propriétaires de louer leur logement plus de 120 jours par an sera appliquée dans quatre arrondissements de Paris, le conseiller municipal en charge du logement a tenu à rappeler que dans la capitale, il y a vingt arrondissements.

Le ton est en train de monter entre la ville de Paris et Airbnb au sujet du contrôle de la durée de location des logements dans la capitale française. Tandis que la plateforme a tenté de contenir le mécontentement de la mairie en promettant de procéder à une régulation des locations excessives, mais seulement dans certains arrondissements,le rappel à l’ordre a été cinglant.

« Il se trouve qu’aux dernières nouvelles, à Paris il n’y a pas quatre arrondissements : il y en a vingt », a rétorqué Ian Brossat, adjoint à la maire de Paris pour le logement, lors d’un entretien sur France Info. « La loi s’applique partout. Et donc elle doit s’appliquer dans les vingts arrondissements de Paris. Il ne me semble pas exorbitant de demander à cette plateforme […] d’appliquer la loi sur tout le territoire parisien ».

Aux dernières nouvelles, à Paris il n’y a pas quatre arrondissements : il y en a vingt

Mi-novembre, Airbnb a déclaré qu’il appliquera en janvier 2018 la réglementation qui interdit aux propriétaires de louer leur logement principal plus de 120 jours par an, soit quatre mois dans l’année, mais partiellement. En effet, lle service de location et de réservation de meublés de particuliers a ajouté qu’il se contenterait des quatre premiers arrondissements, qui sont parmi les plus touristiques de la ville.

Reste une question : comment la mairie va-t-elle pouvoir s’assurer qu’Airbnb reste dans les clous de la loi, ainsi que toutes les plateformes concurrentes ? Pour Ian Brossat, tout l’enjeu est de responsabiliser ces sites : si ceux-ci sont sous la menace d’une amende, surtout si son montant peut être significatif, le conseiller municipal est convaincu qu’ils mettront bien plus d’ardeur à contrôler les annonces de location.

À ses yeux, c’est le modèle espagnol qu’il convient de suivre puisque les sanctions sont portées sur les plateformes. En France, ce sont les propriétaires qui louent illégalement qui sont punis. Au passage, il rappelle qu’il existe déjà une surveillance des locations, tâche qui mobilise une trentaine d’agents et a déjà débouché sur de nombreuses amendes.

À l’heure actuelle, Airbnb prévoit de déployer un compte sur chaque annonce des arrondissements couverts afin que le propriétaire qui se rapprocherait de la limite annuelle des 120 jours par an puisse suivre son activité et s’organiser en conséquence. Il est aussi prévu que l’application bloquera automatiquement les locations si le seuil des quatre mois est franchi.

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