Le fils aîné de Donald Trump a entretenu pendant et après la campagne présidentielle des liens avec l'organisation WikiLeaks. Dans des messages révélés par The Atlantic, cette dernière se montre engagé en faveur du candidat républicain, malgré ses dénégations publiques.

The Atlantic s’est procuré des documents manifestement liés à l’enquête du Congrès sur les liens entre l’équipe Trump et la Russie. Dans ces derniers, le journal trouve la trace d’une conversation entre Donald Trump Jr. et ce qui s’apparenterait à Julian Assange, derrière le compte WikiLeaks. Organisée sur Twitter, la discussion prenait place en message privée avant l’élection, et après.

WikiLeaks engagé auprès de Trump

Les échanges dévoilés par le magazine ont été reconnus par Donald Trump Jr. Ce dernier, forcé de reconnaître, a seulement minimisé leur portée. Après les révélations par voie de presse, Trump Jr. a en outre publié ces échanges sur son propre compte Twitter. Mettant en avant la brièveté des conversation, le fils aîné du président a toutefois mis en difficulté la ligne tenue par son camp quant à WikiLeaks et le piratage du DNC. Jusque-là, l’équipe Trump, puis l’administration, niait en bloc toutes relations avec l’organisation de M. Assange.

Si les réponses de Trump Jr. montre un certain détachement face à l’organisation, les demandes répétées de cette dernière montre un engagement et un agenda en faveur du candidat Trump. WikiLeaks, qui s’était défendue d’avoir pris le parti de Trump durant la campagne présidentielle mouvementée de 2016, a ainsi promu ses actions contre le camp Clinton auprès de Trump Jr. Le compte de l’organisation a en outre demandé au fils du candidat de publier un lien menant aux documents volés du DNC, une demande que Trump père et fils finiront par satisfaire sur leurs comptes respectifs.

Plus tard, le 21 octobre, WikiLeaks exige de Trump Jr. des documents sur la situation fiscale du candidat. L’organisation argumente qu’il s’agirait là d’un moyen de prouver son impartialité de façade alors que des suspicions de proximité avec la campagne Trump sont soulevées par des anciens proches de l’organisation dans les médias. Le compte argumente : «  Cela implique que la majorité des choses que nous publions sur Clinton auront un plus grand impact, parce que nous ne serons plus perçu comme une source pro-Trump et pro-Russe. » WikiLeaks n’obtiendra pas ces documents.

Enfin, le jour du scrutin, WikiLeaks conseille au fils aîné du candidat de ne pas reconnaître les résultats de l’élection présidentielle, prédisant une victoire démocrate. Une prédiction fausse qui n’empêchera pas l’organisation de revenir vers Trump Jr. peu après la victoire du candidat républicain.

Selon The Atlantic, le 16 décembre, le compte de l’organisation suggère au fils Trump de nommer Julian Assange ambassadeur de l’Australie aux Etats-Unis. Assumant cette demande hors de propos, l’organisation explique : « Bien sûr l’Australie ne le fera pas […] mais cela enverra un bon signal  ». Cette demande ne trouvera pas grâce auprès du nouveau président. Julian Assange comptait, grâce à cette dernière, voir sa situation juridique évoluer.

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