En réaction aux révélations de l'utilisation des services de Google par des agents russes, la firme de Mountain View a commencé à supprimer des « relais » potentiels de cette propagande. Une chaîne YouTube vient ainsi d'être supprimée après que ses liens russes ont été mis en lumière grâce à l'enquête interne du géant.

En début de semaine, le Daily Beast révélait que, dans l’arsenal de propagande mis en place par des agents d’influence russe lors de l’élection présidentielle américaine de 2016, on trouvait une chaîne YouTube de type vlog tenue par deux Afro-Américains, Williams et Kalvin Johnson. Le média affirme que des sources proches de l’enquête de Robert Mueller sur l’affaire russe avaient identifié cette chaîne comme un maillon de la propagande russe qui s’est également établie sur Facebook.

Ce mardi 10 octobre, le Washington Post a en outre révélé que Google, à l’instar de Facebook, avait été touché par les mêmes techniques de mise en avant de contenus parfois politisés, parfois plus anodins par des internautes russes. Cette chaîne YouTube faisait manifestement partie des découvertes faites par l’entreprise lors de son enquête interne.

Conspirationnisme russe

La chaîne des Johnson produisait du contenu sur YouTube et Facebook mais avait vu son compte sur le réseau social suspendu après avoir été identifiée comme de la propagande, selon le Daily Beast. Toutefois, sur la plateforme vidéo de Google, la chaîne a pu maintenir sa production. Finalement fermée cette semaine, elle s’était spécialisée dans les commentaires politiques conspirationnistes et les critiques envers Hillary Clinton.

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Selon le média en ligne, la chaîne soutenait la candidature de Donald Trump et colportait des rumeurs et complots autour des Clinton. Le contenu ciblait en outre les électeurs Afro-Américains et contenait de nombreuses références au racisme supposé de la candidate démocrate. Sur YouTube, les vidéos n’ont pas rencontré de succès particulier : elles enregistraient seulement des centaines de vues. Toutefois, sur Facebook, les mêmes contenus étaient bien plus populaires.

Google n’a pas souhaité préciser la raison justifiant de la suppression de la chaîne, préférant renvoyer les journalistes vers les conditions d’utilisation générales de sa plateforme. Si celles-ci sont valables dans ce cas précis, en raison du contenu parfois offensant qu’elle contenait, le timing de cette décision survenue juste après les révélations du Daily Beast laisse plutôt penser à une réponse directe.

CC KGS Imaging

Comme Facebook et Twitter, Google est invité à se rendre à une audience au Congrès le 1er novembre qui doit permettre d’interroger les géants e la tech sur leur responsabilité dans l’influence russe — et les mesures à venir. En outre, cela devrait également être l’occasion pour ces entreprises de dévoiler les résultats de leurs enquêtes internes.

Pour rappel, Robert Mueller, nommé pour diriger une enquête indépendante sur les ingérences russes, est en cours alors que le doute continue de planer sur le soutien apporté par la Russie au candidat Trump lors des dernières élections présidentielles. L’affaire russe doit démêler l’arsenal potentiellement élaboré par la Russie pour influencer ces élections et établir si l’actuel président américain a pu être en première ligne d’un arrangement avec les agents étrangers, comme certains observateurs le croient.

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