James Damore, l'ex-employé de Google au mémo dispensable devenu célèbre pour ses propos iniques sur les femmes, se mue en super-héros de l'extrême-droite, pour le pire... et l'ignoble.

Renvoyé de Google pour des propos peu excusables et injustifiés sur les femmes, James Damore aurait pu être un paria. Mais il est des temps étranges où les médiocres se travestissent en martyrs pour racheter une existence misérable. James Damore fait probablement partie de ceux-là : aussitôt renvoyé pour une faute professionnelle dans laquelle il est en position de bourreau, il ne tarde pas à s’ériger en victime.

Ce jeudi, il lance un nouveau compte Twitter pour rassembler ces nouveaux soutiens venus des quatre coins du web. Il fait le choix d’un t-shirt étrange dont le logo inspiré de Google est détourné pour écrire goolag en référence aux goulags soviétiques. Les martyrs de pacotille ont souvent cette propension pathétique pour s’approprier des douleurs qui les dépassent : celle de Soljenitsyne et des millions de personnes mortes dans la terreur serait donc comparable à la perte du salaire à six chiffres de ce jeune américain, blanc et bien né.

Perm-36, seul camp en état, à 100 km de Perm, dans l’Oural. / CC. Gerald Praschl

 

À l’évidence, Damore est une imposture. Mais cette capacité à rendre son cas encore plus écœurant semble tenir de l’obstination. Notons que le jeune homme est retourné sur les lieux de son « goulag  » où il est venu protester pour défendre sa vérité. On imagine quelle émotion cela a été pour lui de se retrouver sur le campus de Google où sa dignité humaine fut niée jusqu’à la dernière trace…

« Ilitch [Lénine] explora de nouvelles voies. En décembre 1917, à titre d’hypothèse de travail, il propose l’arsenal suivant de châtiments : « confiscation de tous les biens […], détention en prison, expédition au front et travaux forcés pour tous les contrevenants à la présente loi ». Nous pouvons donc noter que l’idée directrice de l’Archipel, les travaux forcés, a été avancée dès le premier mois de l’après-Octobre.  »

— Alexandre Soljenitsyne, L’Archipel du Goulag, 3e partie (Seuil, 1974)

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