Ce jeudi, Google devait se réunir pour revenir sur les épisodes James Damore, ce jeune homme sexiste qui a beaucoup fait parler de lui après avoir publié une diatribe infondée sur les femmes. Touché par la polémique, la société voulait trouver un espace de discussion, mais l'extrême-droite américaine a rendu le meeting impossible. Les employé(e)s seraient la cible de menaces.

Sundar Pichai a annulé la réunion organisée par Google pour répondre, en interne, à la polémique James Damore. Cette décision de dernière minute fait suite aux menaces reçues par de nombreux employés de la firme par des internautes d’extrême-droite. Ces derniers se seraient organisés pour divulguer leurs noms à divers points de rencontre du web extrémiste.

Menace contre des Googlers

« Nous espérions avoir une discussion franche et ouverte aujourd’hui comme nous en avons toujours pour nous réunir et avancer. Mais nos questions sur Dory [ndlr : Dory est un outil intelligent utilisé par Google pour animer automatiquement ses rendez-vous internes] sont apparues ailleurs cette après-midi… et certains sites ont nommé publiquement certains Googlers  », a écrit le CEO de Google à ses employés.

Sundar Pichai

Devenu une figure héroïque de l’extrême-droite américaine, James Damore est soi-disant vengé par des trublions du web néo nazi qui harcèlent ses anciens collègues. Ainsi, Milo Yiannopoulos (pro Trump, ex-GamerGate et bourreau numérique inconditionnel) mobiliserait son réseau grégaire pour s’en prendre aux pages Facebook et Twitter de huit employés Google qui auraient critiqué Damore. D’autres sites dévoileraient aussi des noms et parfois des adresses de Googlers.

Malgré les nombreuses entorses (en 3 000 mots) de Damore au Code de Conduite de Google, soit la charte qui conditionne son emploi dans la firme, ses défenseurs voient en lui un martyr.

Plutôt que s’attacher à l’explication de Pichai quant à son renvoi — « suggérer qu’un groupe de nos collègues ont des particularités qui font d’eux des personnes biologiquement moins adaptées à ce travail est offensant et inacceptable   », avait résumé le CEO — l’extrême droite préfère transformer le cas Damore en attaque à l’encontre la liberté d’expression. Un argument un peu grossier, mais qui semble convaincre dans les sphères radicalisées.

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