Alors que les soupçons de collusion avec la Russie pendant la campagne présidentielle américaine de 2016 poursuivent Donald Trump, son fils vient de tweeter le contenu de ses échanges par mail avec un intermédiaire en contact avec un avocat russe. Un geste motivé par un souci de transparence mais qui met à mal sa ligne de défense.

Donald Trump Jr., le fils du président américain, est visiblement adepte d’une philosophie claire : « La meilleure défense, c’est l’attaque ». Mais la précipitation l’a peut-être poussé à adopter une stratégie dont il n’a pas mesuré toutes les conséquences.

Pour parer aux révélations imminentes du New York Times concernant ses échanges avec une avocate russe supposément proche du Kremlin pendant la campagne présidentielle américaine, en vue d’obtenir des informations compromettantes sur Hillary Clinton — une information de grande importance au vu des soupçons de collusion qui pèsent sur Donald Trump depuis des mois –, le trentenaire a en effet tweeté le contenu des fameux mails en question pour « se montrer totalement transparent ».

Le procureur de la Couronne russe propose de donner à la campagne de Trump des documents officiels et des informations qui incriminent Hillary et ses liens avec la Russie

On peut pourtant lire, dans ces mails, des échanges édifiants, qui mettent à mal sa ligne de défense. Rod Goldstone, le publicitaire qui fait office d’intermédiaire entre le fils Trump et l’avocat russe, lui écrit notamment le 3 juin 2016 : « Bonjour, Emin vient de m’appeler et m’a demandé de vous contacter au sujet d’éléments vraiment intéressants. Le procureur de la Couronne russe propose de donner à la campagne de Trump des documents officiels et des informations qui incriminent Hillary et ses liens avec la Russie. Ils seraient très utiles à votre père. »

Plus loin, Rod Goldstone précise : « Il s’agit évidemment d’informations sensibles liées à la Russie et au soutien de son gouvernement pour M. Trump. » Donald Trump Jr. lui répond quelques minutes plus tard : « Si ce que tu dis est vrai, j’adorerais ça, surtout si c’est plus tard au cours de l’été ».

Une tentative de devancer le New York Times

Jared Yates Sexton, le journaliste qui enquête sur cette affaire pour le New York Times, a lui-même reconnu sa stupéfaction sur Twitter face à l’attitude de Donald Trump Jr. : «  J’ai poursuivi cette info pendant un an et il vient… de la tweeter. »

Une source interne au quotidien américain a confirmé que la rédaction s’apprêtait à publier l’article et en avait informé — comme c’est la norme aux États-Unis — Donald Trump Jr. et ses représentants, qui lui ont alors demandé « plus de temps » pour pouvoir préparer leurs commentaires. Ils auraient en réalité tenté de gagner du temps pour contre-attaquer avec cette stratégie de publication anticipée.

Ces révélations pourraient avoir un impact conséquent alors que Donald Trump et son équipe sont soupçonnés de collusion avec la Russie pendant la campagne présidentielle de 2016.

Le limogeage par Trump du directeur de FBI, James Comey, début mai, n’a fait qu’aggraver les soupçons, sachant que James Comey enquêtait sur les liens possibles entre l’équipe de campagne de Trump et les hackers russes qui ont attaqué le Parti démocrate.

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