Six adolescentes afghanes devaient participer à une compétition de robotique à Washington en juillet 2017. Leurs visas d'entrée aux États-Unis viennent de leur être refusés.

La FIRST Global Challenge est une compétition de robotique se déroulant à la mi-juillet à Washington. 164 équipes de jeunes gens y participent, dont une constituée de six Afghanes, toutes des filles. Celles-ci n’auront pourtant pas le droit de venir sur place assister à l’événement.

Les adolescentes sont originaires d’Hérat, la grande ville persanophone de l’ouest du pays. Pour participer à des entretiens en vue d’obtenir leurs visas, elles ont dû traverser à l’aller et au retour les quelques 800 kilomètres les séparant de Kaboul. Cette odyssée, elles ont dû l’accomplir deux fois, ayant été rejetées à la première tentative.

« Elles ont pleuré toute la journée »

Roya Mahboob, la première femme CEO d’une entreprise tech afghane, avait réuni les jeunes filles autour du projet. « C’est un message très important pour notre peuple […] la robotique est quelque chose de très, très nouveau en Afghanistan », affirme-elle. Elle ajoute que les adolescentes « ont pleuré toute la journée » quand elles ont appris leur refus par l’ambassade.

Le président de FIRST, Joe Sestak, a exprimé sa déception de voir que ces « jeunes femmes extrêmement courageuses » ne pourront pas venir à la compétition. Leur robot — trieur de balles — pourra seul être présent à Washington. Au printemps, les matériaux nécessaires à son élaboration avaient été retenus pendant des mois par la douane ; celle-ci craignait qu’ils ne soient utilisés pour des robots de guerre par l’organisation de l’État islamique, un groupe pourtant faiblement implanté en Afghanistan du fait de la concurrence talibane.

La petite voiture motorisée sur laquelle l’équipe s’est entraînée en attendant que leurs pièces passent la douane.

Les équipes irakiennes, iraniennes et soudanaises ont toutes les trois pu obtenir leurs visas. À part l’équipe afghane, seule celle de la Gambie a vu sa demande refusée. La restriction de visas américains envers des ressortissants de certains pays musulmans, partiellement remise en vigueur par la Cour suprême il y a quelques jours, ne concerne pas l’Afghanistan. Même pour les nationalités visées, être invité par une entité américaine constitue un motif de dérogation.

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