Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb entend trouver « des solutions techniques » au chiffrement, mais sans dire lesquelles. Des travaux de la Commission européenne sont attendus en octobre.

Où en sont les réflexions françaises pour lutter contre le terrorisme sur Internet ? En la matière, la dernière sortie du gouvernement est le communiqué publié par le ministère de l’Intérieur à l’issue d’une rencontre entre, le patron de la place Beauvau, Gérard Collomb, et Julian King, le commissaire européen responsable des questions de sécurité sur le Vieux Continent.

À cette occasion, Gérard Collomb s’est inscrit dans les pas d’Emmanuel Macron. En effet, le président de la République a fait du chiffrement un enjeu majeur de la lutte anti-terroriste, en expliquant vouloir faciliter l’accès aux contenus chiffrés. Sauf qu’il n’y a pas eu la moindre indication sur la manière de faire, alors qu’il est question dans le même temps de préserver la confidentialité des correspondances.

gerard-collomb
CC Philippe Grangeaud

Dans le communiqué de l’Intérieur, il est donc rappelé « l’importance de trouver des solutions techniques aux défis posés par le chiffrement dans le cadre d’enquêtes pénales ». Mais de quelles solutions techniques parle-t-on ? Visiblement, personne ne le sait encore (en tout cas, les deux mesures les plus évidentes, à savoir l’usage de portes dérobées et l’’interdiction du chiffrement, ne sont pas envisagées).

Implicitement, la place Beauvau dit qu’il faut se tourner du côté du Bruxelles. En effet, la Commission européenne a « engagé un travail en ce sens » (ce qui a poussé la France à remercier l’institution). Des nouvelles de ce travail devraient être données en octobre. Il reste à savoir ce qu’il en ressortira, dans la mesure où la perspective d’affaiblir le chiffrement ne séduit pas tout le monde à la Commission.

Au passage, le ministère de l’Intérieur appelle « les opérateurs internet à aller plus loin à travers notamment l’utilisation d’outils de détection automatique » et « estimé que des mesures législatives pourraient être envisagées au niveau de l’Union  européenne pour compléter ce dispositif, si nécessaire ». Ce n’est pas tout à fait nouveau : cette piste était évoquée par exemple lors de la rencontre entre Macron et May.

commission européenne
CC Sébastien Bertrand

Le ministère a aussi loué l’action de la Commission « pour le travail déjà engagé avec les opérateurs Internet dans le cadre du forum européen de l’Internet, ainsi que dans le cadre de l’unité de référencement d’Europol (IRU) sur le retrait de contenu à caractère terroriste et la lutte contre la radicalisation sur Internet ». À ce sujet, notons que les géants du web cherchent à reprendre la main avec leur propre forum.

Plus généralement, les services de Gérard Collomb soutiennent Bruxelles dans son plan visant à « réviser la stratégie européenne de cybersécurité » d’ici septembre « afin de renforcer la lutte contre la cybercriminalité, la résilience de nos systèmes aux attaques, la prévention, la détection et la dissuasion » du fait, expliquent-ils, des « menaces cyber grandissantes ».

Partager sur les réseaux sociaux