Mieux vaut tard que jamais : l'administration américaine a décidé dans un mémo de ne plus tenir compte d'un certain nombre de directives édictées en 1999 en prévision... du bug de l'an 2000.

Souvenez-vous, c’était il y a plus de dix-sept ans. À l’approche de l’an 2000, le monde s’est mis à redouter une catastrophe mondiale lorsque la nouvelle année arriverait. La raison ? Des informaticiens craignaient de voir les systèmes à dysfonctionner à cause d’une conception imparfaite d’un certain nombre de logiciels et de bases de données. Une erreur toute bête.

Dans divers programmes, les années n’étaient pas prises en compte entièrement : au lieu de marquer 1997, 1998 ou 1999, seuls les deux derniers chiffres étaient gérés : 97, 98 et 99. Qu’allait-il donc se passer l’année suivante ? Les systèmes informatiques ne pouvant pas passer à 100, ils allaient donc logiquement poursuivre en recommençant à 00, date symbolisant l’année 1900, au lieu de passer à 2000.

Bug de l'an 2000
Un effet du bug.
CC Bug de l’an 2000

S’il fait sourire aujourd’hui, le bug de l’an 2000 a été pris avec sérieux à l’époque. Le cabinet d’analyse stratégique Gartner Group avait estimé que ce problème pourrait coûter entre 300 et 600 milliards de dollars dans le monde. Plusieurs autres évaluations se chiffrant en milliards de dollars ont aussi été avancés pour calculer le coût qu’engendrerait une impréparation mais aussi celui de la mise à jour.

Anticipant la date fatidique, les éditeurs informatiques et les sociétés de services en ingénierie informatique ont été particulièrement mis à contribution afin de prévenir plutôt que de guérir. Et grâce à une forte mobilisation, le nombre de cas documentés sur de vrais incidents informatiques lors du passage à l’an 2000 est resté limité.

Il faut dire que les effets de l’inaction ou de l’intervention a posteriori auraient pu être particulièrement graves. Avec ce bug, des résultats erronés auraient pu être produits en masse (plutôt embêtant pour la facturation, l’achat ou la paie), des logiciels auraient pu ne plus fonctionner ou des sauvegardes auraient pu être perdues, tout ça à cause d’un système de date devenu incohérent.

Dix-sept ans plus tard

Aujourd’hui, le bug de l’an 2000 appartient à l’histoire et n’est plus du tout un sujet pour l’extrême majorité des individus comme des entreprises ou des administrations. Mais jusqu’à la date du jeudi 15 juin, il s’avère que l’enjeu du passage informatique à l’an 2000 était encore une préoccupation du gouvernement américain. Jusqu’à ce que l’administration Trump décide de clore ce chapitre une bonne fois pour toutes.

Le site Bloomberg rapporte en effet que le gouvernement américain, dans sa volonté d’alléger certaines contraintes pesant sur les agences fédérales, a procédé à l’élimitation d’une cinquantaine de directives, dont sept concernent spécifiquement le plus célèbre des bugs informatiques. L’information a été confirmée dans un mémo publié par le bureau de la gestion et du budget (OMB).

Extrait du mémo.

Ces règles « sont aujourd’hui obsolètes et périmées, car le gouvernement fédéral est parvenu avec succès à ne pas être affecté par la moindre interruption de service. En conséquence, le bureau de la gestion et du budget révoque ces mémorandums parce que les délais de mise en œuvre sont passés », peut-on lire dans le mémo de l’OMB. Ces sept directives avaient été prises tout au long de l’année 1999.

Cité par Bloomberg, le patron de l’OMB a déclaré « que nous recherchons des éléments pour lesquels tout le monde est d’accord pour dire qu’il s’agit d’une absolue perte de temps ». Il est heureux de voir que dix-sept ans après le passage à l’an 2000, la Maison Blanche considère qu’il n’est plus nécessaire de s’en préoccuper. Mieux vaut tard que jamais, dit-on.

Partager sur les réseaux sociaux