Donald Trump, en tant que président des États-Unis, a-t-il le droit de bloquer des utilisateurs de Twitter ? Non, juge un institut rattaché à une université américaine. S'appuyant sur la constitution américaine, il demande le déblocage des comptes tenus par des Américains et des Américaines.

C’est peu dire que Donald Trump a une utilisation frénétique de Twitter. Alors qu’on aurait pu s’attendre à une certaine modération de sa part dans ses interventions publiques depuis son élection à la présidence de la République, le truculent homme d’affaires a fait comprendre qu’il ne cesserait pas de dire ce qu’il à dire sur le réseau social, à cause, selon lui, de la « malhonnêteté » des médias,

Le problème, c’est que l’ardeur avec laquelle il prend la parole sur Twitter a tendance à le desservir : quand il ne publie pas des tweets incompréhensibles qui mettent en mauvaise posture la Maison Blanche, il met Washington  dans l’embarras sur le plan diplomatique, en mettant en cause le Qatar par inadvertance ou en fragilisant la posture des États-Unis envers la Chine unique.

Évidemment, la personnalité insaisissable de Donald Trump et le caractère imprévisible de ses prises de parole sont du pain béni pour ses contempteurs, trop heureux de le voir ainsi se ridiculiser tout seul. C’est aussi une bonne occasion de se payer sa tête, en détournant ses vieux messages ou en imaginant un bot qui joue en bourse en fonction des tweets que le chef de l’État publie.

La présence de Donald Trump est aussi l’occasion pour de nombreux membres du réseau social de réagir directement à ses messages (souvent inexacts) et prises de position controversées, parfois de façon virulente. Après tout, ils ont bien le droit : le président américain ne se gêne pas lui-même pour régler ses comptes avec la presse ou le show business, quand il ne menace pas l’ancien directeur du FBI.

Trump peut-il bloquer des usagers sur Twitter ?

Or, si Donald Trump aime décocher des salves de critiques dès qu’il en à l’occasion, il ne semble pas tout à fait prêt à entendre celles qui lui sont adressées. Plusieurs membres de Twitter ont en effet fini par être bloqués par le président, sans doute agacé d’avoir été interpellé ou contredit sur le site communautaire. Or, ce blocage, lorsqu’il concerne des Américains et des Américaines, pourrait être illicite.

C’est la position que défend l’institut Knight pour le Premier amendement de la Constitution des États-Unis, qui est rattaché à l’université Columbia. Dans un courrier adressé à Donald Trump que s’est procuré le Wall Street Journal, et où plusieurs responsables de la Maison Blanche sont mis en copie, il est demandé le déblocage de deux comptes.

« Ce compte Twitter [celui de Donald Trump, ndlr] fonctionne comme un ‘forum public désigné‘ aux fins du premier amendement et, en conséquence, le blocage basé sur les points de vue de nos clients est inconstitutionnel. Nous vous demandons de les débloquer ainsi que les autres personnes bloquées pour des raisons similaires », est-il demandé.

Le premier amendement de la constitution américaine entre dans la danse

Selon l’institut, le compte Twitter de Donald Trump, qui est maintenant président des États-Unis, est devenu une sorte d’espace de discussion public, à l’image de ce que sont les réunions du conseil municipal. Or, tout comme chacun et chacune a le droit d’assister à un conseil municipal, chaque Américain et Américaine doit pouvoir lire les messages de Donald Trump.

C’est d’autant plus vrai que le porte-parole de la Maison Blanche, Sean Spicer, a déclaré lors d’une conférence de presse que les tweets de Donald Trump peuvent être compris comme des déclarations officielles. En clair, même un message contenant un terme aussi étrange que « covfefe » a un caractère officiel engageant les États-Unis d’Amérique.

Aux dernières nouvelles, la Maison Blanche n’a pas réagi aux demandes de l’institut Knight.

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