La première ministre britannique entend rendre effectif un droit à l'innocence si le parti conservateur gagne les prochaines élections générales. Dans l'esprit du droit à l'oubli consacré par l'Union européenne, il permettrait la suppression des données publiées par les internautes avant leurs 18 ans.

À l’approche des législatives britanniques, le Royaume-Uni en appelle régulièrement aux réseaux sociaux, et notamment Facebook, à redoubler d’efforts contre la désinformation. Mais le gouvernement ne se contente pas de cibler les fake news, et sa cheffe de file, Theresa May, plaide actuellement en faveur d’un « droit à l’innocence. »

Dans un communiqué consulté par Engadget, la première ministre britannique envisage de permettre aux internautes de pouvoir effacer les messages publiés avant leur 18 ans. Si le parti conservateur remporte les prochaines élections générales britanniques, prévues le 8 juin 2017, le gouvernement pourrait favoriser un meilleur accès à de telles données pour les internautes.

Dans la même veine que le droit à l’oubli ?

Theresa May vise ainsi les réseaux sociaux comme Facebook et Twitter ainsi que toutes les entreprises dont les efforts en matière de protection des données ne seraient pas jugés suffisants. Ce « droit à l’innocence » rappelle à plusieurs égards le droit à l’oubli, adopté par l’Union européenne en 1995 dans une directive. Le texte a consacré la protection des données personnelles, leur traitement et leur circulation.

Le droit prôné par Theresa May permettrait quant à lui aux internautes de revenir sur les contenus publiés lorsqu’ils étaient mineurs et qu’ils seraient notamment amenés à regretter — pour éviter d’immortaliser leurs « erreurs de jeunesse » sur la toile, en quelque sorte.

Crédits : PA photos

« Internet a apporté une multitude d’opportunités, mais aussi de nouveaux risques importants qui ont évolué plus rapidement que la réponse que la société leur a apporté, a déclaré la première ministre. Nous voulons que les entreprises de réseaux sociaux fassent plus pour aider à rétablir l’équilibre et qu’elles prennent des mesures pour assurer qu’elles le feront », a déclaré Theresa May.

Les risques ont évolué plus rapidement que les réponses que nous avons apportées

Amber Rudd, secrétaire de l’Intérieur, aurait déjà eu des échanges avec Facebook et Twitter à ce sujet. Le parti conservateur britannique entend se positionner comme le champion des jeunes en punissant les entreprises qui ne surveillent pas assez activement leurs contenus, et ne suppriment pas les publications illégales, les discours haineux ou la pornographie.

L’annonce de Theresa May est intervenue peu après la confirmation qu’un rançongiciel baptisé WannaCrypt s’était infiltré dans les hôpitaux britanniques, avant de se propager à toute vitesse dans le reste du monde.

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