Entre deux tweets, Julian Assange, cofondateur de WikiLeaks a souhaité donner son sentiment sur l'élection française. Selon lui, c'est le même mouvement sexiste qui a empêché la victoire et de Hillary Clinton et de Marine Le Pen.

«  Le Pen a-t-elle perdu à cause du sexisme ?  » a demandé Julian Assange à ses followers sur Twitter cette nuit même. Ils sont déjà 11 000 à avoir répondu à l’homme fort de WikiLeaks : non, Marine Le Pen n’a pas perdu à cause du machisme des électeurs français. Notons par exemple que les femmes ont d’avantage voté pour M. Macron que les hommes au second tour.

Toutefois, avant d’attendre la réponse de ses pairs, le porte-parole a souhaité ajouter, inspiré, que la défaite de la candidate du Front National avait un lien direct avec celle de Mme. Clinton, il explique : « D’abord Hillary, maintenant Marine. Nous sommes en 2017 et l’étreinte du patriarcat est toujours aussi puissante. »

La déclaration d’Assange ne passe pas inaperçue alors que l’activiste a activement participé à la défaite de Mme. Clinton à travers WikiLeaks. L’homme avait reconnu à la candidate démocrate d’autres défauts que celui d’être une femme, et n’avait clairement pas apporté son soutien à celle-ci, constatant qu’elle faisait partie des « insiders de DC  » — à l’inverse de Trump. Sans parler du fait que son groupe a publié des milliers de documents privés sur la vie de cette femme politique et de sa famille, sans considérer une seule fois les conséquences de leurs actes.

Julian Assange

Or si le patriarcat a un rôle dans les élections occidentales, le sexisme n’est pas la raison de la défaite de Mme Le Pen. Au contraire, il apparaît même que les positions du Front National sur les questions liées aux femmes et au féminisme sont un des obstacles à l’élection en 2017 de la candidate, ajoutant à son placement politique d’extrême droite, sur l’IVG comme sur l’égalité salariale, des relents catholiques inégalement approuvés — même dans son propre parti.

Enfin, au-delà des commentaires de comptoir du leader de WikiLeaks, sa déclaration ajoute au trouble qui accompagne son organisation depuis les Macron Leaks. Des documents que les activistes ont en effet diffusé — sans être à la source de la fuite, ils en sont le premier gros relai.

Par ailleurs, dans l’organisation des voix se sont fait entendre pour critiquer ces leaks jugés dégoutants par l’avocat de l’organisation et soutien de M. Mélenchon, Juan Branco. Toutefois, à nouveau, la déclaration plutôt malheureuse de M. Assange vient assombrir un tableau déjà confus.

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