La décision du gouvernement de renoncer au vote par Internet pour les Français de l'étranger voulant prendre part aux élections législatives a fait réagir très vivement François Fillon, au point d'obliger Jean-Marc Ayrault de riposter.

Le ton monte entre François Fillon et Jean-Marc Ayrault au sujet de l’abandon du vote par Internet pour les élections législatives de 2017. Alors que le gouvernement a renoncé à se servir de ce mode d’expression pour le scrutin, avançant des risques de cyberattaques qui pourraient contrarier les opérations électorales, voire les fausser, le candidat des Républicains a pris sa plume la plus acerbe pour réagir.

« Cette atteinte aux droits démocratiques de nos 2,5 millions de Français vivant à l’étranger est scandaleuse », a lancé François Fillon dans un article publié mardi 7 mars. « C’est non seulement un déni de démocratie mais c’est aussi un beau gâchis d’argent public dont le gouvernement socialiste porte l’entière responsabilité », a-t-il poursuivi, allant jusqu’à dire que la cyber-menace n’était qu’un « prétexte ».

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CC EPP

« Nos compatriotes ne doivent pas être dupes. La soi-disant cybermenace n’est qu’un prétexte visant à masquer l’incompétence et la désinvolture d’un gouvernement qui est incapable de tenir ses promesses et change les règles du jeu démocratique à trois mois du scrutin », ajoute le candidat de droite, se disant prêt à généraliser le vote par Internet pour les Français de l’étranger s’il est élu président.

« Nous devons tirer avantage des nouvelles technologies pour renforcer les liens qui nous unissent à nos compatriotes à l’étranger », conclut-il, en faisant remarquer que le vote par Internet, qui avait été mis en place en 2012 lors des précédentes élections législatives, « avait constitué une grande avancée », notamment pour ceux et celles vivant très loin des bureaux de vote installés dans les consulats.

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CC Mathieu Delmestre

Evidemment, une sortie aussi virulente de la part d’un candidat à l’élection présidentielle, qui a naturellement tendance à en rajouter, ne pouvait pas rester sans réponse. Le ministre des Affaires étrangères, qui supervise le scrutin pour les Français de l’étranger, a donc publié une réponse sur le site du Quai d’Orsay pour rappeler que la mesure est justifiée et qu’elle ne prive pas les Français du droit de vote.

Jugeant les critiques de François Fillon « aussi excessives sur la forme qu’injustifiées sur le fond », Jean-Marc Ayrault rappelle que sa responsabilité « est de ne prendre aucun risque qui mettrait en danger ce scrutin essentiel à la vie démocratique de notre pays ». Or, les signaux actuels ne permettent pas d’assurer un niveau de fiabilité et de sincérité suffisant pour maintenir le vote par Internet pour ce scrutin.

L’ex-premier ministre, qui s’est déjà exprimé sur ce sujet pour la présidentielle en mettant en garde les Etats étrangers de toute velléité d’ingérence, est même allé plus loin dans sa riposte verbale, allant jusqu’à trouver « ahurissant qu’un candidat à la présidence de la République méconnaisse à ce point le niveau élevé de la menace de cyberattaques alors que des institutions publiques et privées en subissent quotidiennement  ».

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