À partir de 2014, les États-Unis ont accentué leurs efforts contre la Corée du Nord pour saboter son programme nucléaire à des fins militaires. Trois ans plus tard, il apparaît que les cyberattaques ont eu des résultats mitigés dans le pays le plus fermé au monde.

Face au développement du programme nucléaire nord-coréen à des fins militaires, les États-Unis ont, dès les premiers mois de l’année 2014, intensifié significativement leurs efforts pour empêcher Pyongyang de se doter d’armes de destruction massive. Cependant, les « frappes électroniques et cybernétiques » destinées à saboter les projets du régime ont connu un succès en demi-teinte.

C’est ce que vient de révéler une longue enquête du New York Times publiée samedi 4 mars. Sur instruction de la Maison-Blanche, la stratégie du Pentagone et des agences fédérales a consisté, selon les sources du journal américain, à augmenter fortement le taux d’échec des missiles qui pourraient servir à transporter une charge nucléaire, comme le BM25 Musudan.

CC Fort George G. Meade Crédits : Public Affairs Office

D’une portée de 4 000 kilomètres, ce missile balistique est capable d’atteindre les voisins immédiats de la Corée du Nord (Corée du Sud, Japon, Chine) mais aussi des nations plus lointaines, comme l’Inde et les États-Unis (via l’île de Guam).

Or, la plupart des essais en vol de ce missile de portée intermédiaire, que Pyongyang a dévoilé au public peu de temps après une mise en garde venant de Hillary Clinton, alors secrétaire d’État, ont fini dans une boule de feu. Le taux d’échec du BM25 Musudan s’est élevé à 88 %. Mais est-ce surtout dû à la conception défectueuse du missile ou aux efforts des États-Unis ?

Maison Blanche Washington USA
CC Alexey Topolyanskiy

Peu de détails sont donnés par le New York Times sur les cyberattaques visant la Corée du Nord. Et pour cause : le journal a accepté, après des discussions avec le directeur du renseignement national et l’équipe en charge de ses questions dans l’administration Trump, de ne pas publier certaines informations pour éviter d’aider le régime de Kim Jong-un à s’en prémunir.

Une chose est sûre, malgré des taux d’échec significatifs, la Corée du Nord n’a pas cessé de tester des missiles qui seront tôt ou tard capables d’embarquer une bombe nucléaire. Bombes que Pyongyang est visiblement capable de miniaturiser pour les faire entrer dans certains missiles. Quant aux essais nucléaires, ils ont continué malgré les sanctions et les efforts secrets des États-Unis pour entraver le programme nord-coréen : en 2016, il y en a eu deux, en janvier et en septembre.

Attaques contre le programme iranien

Ce n’est en tout cas pas la première fois que la Maison-Blanche mobilise ses moyens dans le domaine « cyber » pour tenter de faire capoter les ambitions nucléaires d’un autre pays. Quand Barack Obama était président, il a aussi supervisé les attaques électroniques qui ont ciblé l’Iran. En l’espèce, des logiciels malveillants (Stuxnet, Flame, DuQu) extrêmement sophistiqués ont été élaborés en coopération avec Israël, notamment pour saboter les centrifugeuses destinées à enrichir l’uranium.

Les opérations contre Téhéran ont depuis cessé, dans la mesure où l’accord de Genève sur le programme nucléaire iranien ont permis une sortie de crise entre l’Iran et les six grandes puissances (l’Allemagne, la Chine, les États-Unis, la Russie, la France et le Royaume-Uni). Celles contre Pyongyang devraient quant à elles se poursuivre sous l’administration Trump, dans la mesure où aucune ébauche d’accord n’est actuellement sur la table.

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