Les recherches Google sur les travaux anthropologiques de Franz Boas affichaient, jusqu'à aujourd'hui en premier résultat un article mensonger de suprémacistes blancs. Ce n'est pas la première fois que le moteur de recherche est confronté à ce genre de polémique.

En décembre 2016, taper sur Google la question « est-ce que l’Holocauste s’est produit ? », le moteur de recherche de Google affichait comme premier résultat un site de suprémacistes blancs qui niait cette vérité historique. Après un peu d’hésitation, Google a opté pour un choix éthique en déclassant l’article des néo-nazis.

Mais à l’heure actuelle, d’autres suprémacistes blancs ont réussi à faire apparaître leur vision biaisée de la réalité en premier résultat au sujet des recherches effectuées sur l’« anthropologie boasienne ». Un article mensonger et antisémite publié en avril 2015 sur le blog « Smash Cultural Marxism » est mis en avant. Dans ce texte, l’auteur reproche à cette théorie, formulée par le fameux anthropologue américain Franz Boas, d’être pseudo-scientifique et de miner directement à « la conscience et à l’identité de la race blanche européenne ».

L’anthropologue américain soulignait notamment que le concept de race était seulement une construction sociale — sans l’apport de données scientifiques ou biologiques –, en se basant sur des éléments pris de l’anthropologie culturelle, linguistique, physique et archéologique. Une opinion qui déplaît forcément aux suprémacistes blancs.

Une attaque contre la science

Cette apparition au sommet des résultats de recherche a été remarquée dimanche 26 février par un professeur d’Anthropologie de la Grand Valley State University, Deana Weibel-Swanson, qui écrit sur son compte Facebook : « Bon, les suprématistes blancs sont désormais en train de s’attaquer directement  à l’anthropologie. » Ainsi, le professeur a invité ses autres collègues à envoyer des notifications à Google pour dénoncer ce « site qui n’a rien à faire au sommet des résultats. »

Depuis le début de la polémique, le résultat a disparu de la recherche. De son côté, Google se défend : « Comme tous les résultats, les extraits des contenus reflètent les perspectives ou les opinions du site d’où sont prises les informations, et pas de Google. Nous sommes toujours en train de travailler pour améliorer notre capacité à détecter l’extrait le plus utile, donc les résultats pourraient varier avec le temps. »

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