La newsletter féministe Les Glorieuses vient de lancer une plateforme qui compile les positions des candidats à la présidentielle au sujet des droits des femmes. Objectif : informer l'électorat et interpeller les candidats sur ce sujet pour l'ériger en thème central de la campagne.

En lançant la newsletter féministe Les Glorieuses en octobre 2015, Rebecca Amsellem avait un objectif : donner un sentiment de puissance aux femmes, à travers une lettre d’information électronique résolument positive. Une initiative qui s’inscrit dans un mouvement plus large, à l’heure où de plus en plus de femmes prennent la parole sur Internet pour exprimer et revendiquer des positions féministes, s’exposant parfois à un risque de cyberharcèlement.

Envoyée dans la boîte mail de ses abonnés chaque mercredi, la newsletter des Glorieuses comptabilise depuis un et demi d’existence 40 000 lecteurs et lectrices. Sur leur site, Les Glorieuses résument ainsi la double ambition de leur projet : « Des infos qui nous font déculpabiliser. Des femmes qui nous inspirent. »

Un projet nécessairement politique, qui vient de s’enrichir d’une nouvelle initiative alors que la présidentielle de 2017 approche à grands pas. Ce lundi 27 février, Les Glorieuses ont en effet lancé la plate-forme Les Femmes Ont Le Pouvoir, fruit d’un fastidieux travail d’archivage afin de lister les positions et propositions des différents candidats sur les droits des femmes.

Pour Rebecca Amsellem, docteure en économie et fondatrice des Glorieuses, il était inconcevable de lancer une newsletter féministe en laissant de côté la politique : « L’idée de faire cette plate-forme a émergé dès le début des Glorieuses. Il faut montrer aux femmes que, oui, elles ont le pouvoir, que si elles s’informent elles peuvent choisir, et se regrouper autour d’un thème. Notre objectif, c’est que les droits des femmes deviennent justement ce thème principal. »

Sur la plateforme Les Femmes Ont Le Pouvoir, les candidats à la présidentielle de 2017 apparaissent dans différentes thématiques : discriminations, éducation, égalité professionnelle, familles, parité, santé et violences. Les positions de chacun des candidats sont également accessibles, avec le détail de leurs votes sur des lois qui concernent les femmes (dont la parité).

La plateforme lancée le 27 février 2017 par Les Glorieuses.

« Nous avons utilisé plusieurs sites, comme Vote Watch et le site de l’Assemblée nationale pour retrouver les scrutins publics. Cela nous a permis de voir quelle position avaient adopté les candidats lorsque ces lois ont été votées, nous explique Rebecca Amsellem. Ce qui nous a d’ailleurs donné l’occasion de voir que beaucoup de lois ne sont pas votées en public, pour celles-ci nous n’avons aucun moyen de connaître le choix des candidats. »

On attend des candidats une expertise sur les droits des femmes

En plus d’informer les électeurs des opinions des candidats sur les droits des femmes, la plateforme Les Femmes Ont Le Pouvoir ambitionne également de les interpeller pour qu’ils transforment cette thématique en enjeu de leurs programmes respectifs, et plus largement au sein du débat politique. « On attend des candidats à la présidentielle une expertise sur les droits des femmes », souligne la fondatrice des Glorieuses.

Clémentine du Pontavice

La plate-forme est complétée par un groupe Facebook, dont les membres peuvent s’approprier le débat autour de l’égalité entre les hommes et les femmes, et même être force de propositions. Sur Twitter, l’initiative s’accompagne également d’un hashtag, #LesFemmesOntLePouvoir.

Courant mars, Les Glorieuses ajouteront une carte internationale sur la plate-forme, afin d’y indiquer toutes les pratiques en faveur des droits des femmes dans le monde. « L’idée serait de s’inspirer de ces bonnes pratiques, propose Rebecca Amsellem. Pourquoi, par exemple, ne pas imiter le maire de Londres, qui a pris récemment un décret pour interdire la publicité sexiste dans le métro ? »

Si Internet n’est pas toujours une safeplace pour les femmes, avec cette plateforme, Les Glorieuses se sont lancé le défi de favoriser l’« empowerment  » des femmesautrement dit développer leur capacité d’agir et de prendre le pouvoir, à l’occasion de la campagne électorale.

Partager sur les réseaux sociaux