La Russie étend la censure de son web cette semaine. Cette fois-ci, c'est à nouveau la pornographie qui est la cible de Roskomnadzor, l'agence gouvernementale de supervision de l'information et des médias.

Nous sommes en 2012, lorsque la Douma entérine par la loi les censures du Roskomnadzor. L’Assemblée russe approuve en effet la création d’un registre des sites, médias et services censurés en Russie, une liste noire qui conduit à de simples mais inévitables blocages de nombreux sites du web russe.

Il est important de noter que dans l’appareil de censure numérique créé par le Kremlin, le pouvoir législatif de l’assemblée n’est que rarement convoqué, l’agence fédérale de supervision des communications, des technologies de l’information et des médias de masse a en effet les mains libres pour dresser sa liste noire.

Le Roskomnadzor a les mains libres pour dresser sa liste noire

Pour contextualiser cette capacité de censure de l’agence, il faut revenir en 2014 lorsque à la veille du référendum sur la Crimée, le Roskomnadzor faisait disparaître divers médias anti-corruption du web russe et opérait selon les termes du Courrier International et du Monde un véritable serrage de vis du censeur.

Cette semaine, selon le Moscow Times, c’est à nouveau la pornographie qui souffre de la censure russe. Les semaines passées, nous évoquions déjà le blocage de LinkedIn et de Dailymotion pour des raisons approximativement légales : ici, ce sont les contenus pornographiques qui sont mis en cause par l’appareil de censure du Kremlin. Le Roskomnadzor explique par ailleurs aux médias russophones que le site bloqué cette semaine, les studios Brazzers, produisent des contenus « ayant un profond et négatif impact sur la psychologie humaine  » (sic).

Selon le TJ Journal, Brazzers violerait également les droits de citoyens russes, notamment ceux propres à la protection des enfants. Toutefois, notons que cette accusation souvent faite par la justice russe aux médias produisant des contenus LGBTQ, ne tient pas pour Brazzers un studio connu pour une orientation très hétérosexuelle.

Notons enfin que la consommation de pornographie n’est pas illégale en Russie, mais sa production l’est. Par ailleurs, le studio américain a rejoint l’ICRA Labelling System, afin de promouvoir un web plus sûr pour les enfants et s’assurer que les contenus de son studio restent à la seule disposition des personnes souhaitant les consulter.

Toutefois, ces arguments ne sont pas pertinents pour l’agence russe qui a déjà, et malgré un lobbying très actif de leurs propriétaires, supprimé du web russe PornHub, xHamster, et même pendant un court laps de temps, Wikipedia.

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