Un jury texan a accordé 500 millions de dollars de dédommagements à ZeniMax, qui accusait Oculus VR, la société à l'origine du casque de réalité virtuelle Oculus Rift, et Facebook, sa maison-mère, d'avoir dérobé sa technologie.

500 millions de dollars. C’est le montant que Facebook devra verser à ZeniMax dans le cadre du procès consacré au casque de réalité virtuelle Oculus Rift. Le jury texan qui a eu à se prononcer sur l’affaire a en effet considéré que la société Oculus VR, à l’origine du périphérique et filiale du réseau social depuis 2014, a enfreint l’accord de confidentialité qui la liait à ZeniMax.

Rappel des faits. La société ZeniMax, ancien employeur de John Carmack, l’a accusé d’avoir dérobé son savoir-faire sur la réalité virtuelle pour le transmettre à Oculus. Initialement, il existait un accord pour que John Carmack, très intéressé par la réalité virtuelle, puisse travailler avec Oculus, également très impliquée dans ce secteur, contrairement à ZeniMax.

Carmack, jugeant ne pas être capable d’endosser deux casquettes à la fois et frustré du manque d’allant de ZeniMax sur la réalité virtuelle, a démissionné pour rejoindre Oculus et, quelques mois plus tard, Facebook a procédé à son rachat. C’est là que ZeniMax est sorti du bois en accusant Oculus d’avoir violé le contrat, Carmack d’avoir dérobé son savoir-faire et Facebook de l’avoir su et de n’avoir rien dit.

À lire sur Numerama : Quatre questions sur l’affaire opposant ZeniMax, Oculus VR et Facebook

Dans le détail, Oculus paiera 200 millions de dollars pour avoir enfreint l’accord de confidentialité signé avec ZeniMax en 2012, 50 millions pour violation du copyright et 50 millions pour fausse appellation d’origine. Palmer Luckey, le fondateur d’Oculus, versera 50 millions pour fausse appellation d’origine et Brendan Iribe, l’ancien patron d’Oculus VR, 150 millions pour le même chef d’accusation, signale Polygon.

Le jury n’a pas retenu tous les griefs exposés par ZeniMax dans son action en justice. Si la société a obtenu gain de cause pour trois motifs (fausse appellation d’origine, violation du contrat et violation du copyright), les défendeurs ont été déclarés innocents sur quatre autres charges : contrefaçon de marque, enrichissement sans cause, concurrence déloyale et appropriation illicite de secrets commerciaux.

L’affaire ne devrait pas en rester là. Citée par CNBC, la directrice des opérations de Faebook Sheryl Sandberg a fait part de sa déception sur certains aspects du verdict. Bien que celui-ci a été présenté comme « sans conséquence pour [les] finances » du réseau social, ce dernier envisage évidemment de faire appel pour tenter de renverser le jugement ou, au moins réduire le montant des dommages et intérêts.

oculus vr réalité virtuelle
CC Sergey Galyonkin

De son côté, Oculus est déterminé à faire appel. « Le cœur de cette affaire était de savoir si Oculus a volé les secrets commerciaux de ZeniMax et le jury a pris une décision décisive en notre faveur. Nous sommes évidemment déçus par quelques autres aspects du verdict d’aujourd’hui, mais nous ne sommes pas déstabilisés. Nous avons hâte de déposer notre appel et mettre ce litige derrière nous une bonne fois pour toutes ».

ZeniMax réclamait dans le cadre de sa plainte 2 milliards de dollars de dommages et intérêts. Une somme qui n’a pas été choisie au hasard : il s’agit de celle que Facebook a accepté de débourser en 2014 lors du rachat d’Oculus. Il reste désormais à savoir si appel il y aura. On peut supposer que celui-ci arrivera très vite au regard des prochains objectifs de ZeniMax.

Citée par Polygon, l’entreprise américaine a en effet déclaré qu’à la lumière du verdict, elle envisageait désormais de demander à la justice de prononcer une injonction contre Oculus et Facebook pour qu’ils ne puissent plus vendre le casque Oculus Rift au grand public, au moins temporairement. Face à la menace commerciale que cela représente, les défendeurs ont tout intérêt à agir rapidement.

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