En marge de la publication de son rapport 2017 sur les efforts environnementaux des géants du web, Greenpeace lance une pétition pour demander à Netflix d'être plus écolo. L'ONG espère qu'un engagement du leader de la SVOD dans ce domaine aura un effet d'entraînement sur le reste du secteur.

Leader de la vidéo à la demande sur abonnement, Netflix saura-t-il devenir aussi l’un des promoteurs les plus zélés des énergies d’origine renouvelable ? C’est le vœu que forme Greenpeace, alors que l’édition 2017 du rapport Clicking Clean de l’association écologiste révèle les piètres performances de la plateforme américaine pour réduire son empreinte environnementale.

Sur les cinq critères évalués par l’ONG, Netflix récolte la plus mauvaise note (F) dans trois d’entre eux. Il s’agit de la transparence énergétique, l’engagement en faveur des énergies renouvelables et le plaidoyer en faveur d’une utilisation moins polluante de l’énergie. Le service de SVOD récolte aussi une mauvaise note (D) sur la question de l’environnement et une note passable (C) sur l’efficacité énergétique.

Netflix Living Room

Consciente que Netflix domine le secteur la vidéo à la demande par abonnement de la tête et des épaules, l’ONG a décidé de concentrer ses efforts sur elle en mettant en ligne une pétition s’opposant à l’emploi des énergies polluantes. L’association fait en effet le pari que si Netflix devient plus écologique, cela aura un effet d’entraînement sur le reste du secteur, qui n’est pas forcément mieux noté.

Contrairement à d’autres entreprises qui disposent de leurs propres infrastructures, Netflix dépend grandement de prestataires pour faire fonctionner son service. Ainsi, la plateforme se repose énormément sur Amazon Web Services (AWS). Début 2016, l’équipe technique de l’entreprise annonçait d’ailleurs avoir achevé la migration de Netflix vers les solutions proposées par le géant du e-commerce.

Nous voulons pouvoir regarder nos séries grâce à des énergies 100 % renouvelables !

« L’utilisation de plusieurs régions de cloud AWS réparties dans le monde entier nous permet de déplacer et de développer nos capacités d’infrastructure mondiales de façon dynamique afin de créer une expérience de streaming plus efficace et agréable pour les abonnés Netflix, où qu’ils se trouvent », expliquait alors Netflix. Le problème, c’est que AWS n’est pas très respectueux de l’environnement.

Dans le rapport 2017 de Greenpeace, la plateforme AWS reçoit la note globale de C. Elle se montre désastreuse (F) sur la transparence énergétique, mauvaise (D) sur l’engagement en faveur des énergies renouvelables, médiocre (C) sur l’efficacité énergétique et l’approvisionnement en énergies renouvelables et correcte (B) sur le plaidoyer. On est très loin des notes de Facebook, Apple ou Google.

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Selon les recherches effectuées par Greenpeace, Amazon fait essentiellement appel au charbon (30 % de son approvisionnement). Arrivent ensuite le nucléaire (26 %), qui est une énergie décarbonée mais qui génère des déchets radioactifs, et le gaz (24 %). Les énergies d’origine renouvelable ferme la marche (17 %). Ces notes et ces statistiques s’appliquent évidemment à son service de SVOD, à savoir Amazon Prime.

Dans ces conditions, Netflix n’a pas toujours la possibilité d’agir directement sur sa note puisque le service de SVOD dépend d’une autre firme. Toutefois, il ne faudrait pas que cela serve à justifier l’inaction. Certaines très mauvaises notes ne sont en effet pas liées aux choix d’AWS : c’est le cas du plaidoyer : celui-ci ne dépend que de Netflix : veut-il aller en direction des énergies vertes ou non ?

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CC Skitter

En outre, Netflix a un levier puissant dans sa main : l’argent.

La place qu’occupe le service de SVOD sur les serveurs d’Amazon n’est pas gratuite : le premier verse au second de l’argent pour profiter des performances d’infrastructure. Or, Netflix pourrait tout à fait inciter Amazon à accélérer et accroître ses efforts en matière environnementale, en notant qu’un manque de bonne volonté pourrait remettre en cause leur contrat dans un avenir plus ou moins proche.

Il reste maintenant à savoir quelle posture Netflix va adopter dans les jours et les semaines à venir, maintenant que Greenpeace vient de le placer devant ses responsabilités. Le site de SVOD entamera-t-il une vraie mue intellectuelle au sujet des énergies propres ? L’ONG espère que les internautes seront suffisamment nombreux à signer sa pétition si jamais la plateforme américaine n’arrive pas d’elle-même à s’y mettre.

À lire sur Numerama : Greenpeace tacle Netflix sur ses faibles efforts environnementaux

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