Le roi est mort, vive le roi ? Des médias affirment aujourd'hui que le fameux site de téléchargements illégaux est de retour en ligne. Mais qui est derrière ce nouveau Zone Téléchargement ? Est-ce encore une arnaque ?

Le feuilleton Zone Téléchargement n’est décidément pas fini. Et aujourd’hui c’est un (énième) retour en ligne de la plateforme qui est en question. Nous avions déjà traité le faux retour de Zone Téléchargement en novembre. Pour rappel, à la suite de l’arrestation des deux responsables du site, le site avait été « de retour » en ligne sous la forme d’un cache de la page avec la même URL.

Néanmoins, ce site n’était qu’une vitrine et ne fonctionnait pas puisque le système de protection des liens (DL Protect) avait été mis hors ligne par les autorités et les nouveaux responsables du retour de Zone Téléchargement n’avaient plus accès à l’annuaire de liens. En somme, le site était fantôme et servait surtout à attirer des internautes naïfs pour leur afficher de la publicité — ou soutirer leur numéro de carte bancaire.

Par ailleurs, au début de notre enquête sur l’affaire, nous sommes tombés sur une page Facebook se nommant zone-telechargement.com et qui affichait alors pas moins de 30 000 likes. Et pourtant, comme nous l’indiquerons, les vrais responsables du site n’ont jamais ouvert de compte sur les réseaux sociaux pour leur activité illégale.

La revanche de la page Facebook

Ni sur Facebook, ni sur Twitter, les individus qui depuis dorment en prison, ne tenaient de comptes. La page Facebook en question est donc tenue par des internautes inconnus, ne participant pas à l’activité de Zone Téléchargement mais utilisant son audience pour animer une page sur le réseau social.

Or, dès le lendemain de l’opération contre le site de téléchargement illégal, cette même page Facebook a été l’une des premières à annoncer qu’elle allait résoudre le problème de la fermeture de Zone Téléchargement. Un message plutôt sibyllin venant de personnse n’administrant pas le site et ne pouvant donc pas travailler à résoudre quoi que ce soit.

À moins que la fermeture du site historique ne soit en réalité une aubaine pour ces apprentis pirates de Facebook. C’est le scénario qui semble aujourd’hui le plus probable. Alors que l’ensemble du réseau des anciens administrateurs du site a été démantelé par la police, les gestionnaires du compte zone-telechargement.com ont désormais un boulevard devant eux pour remplacer le vide laissé par l’ancien site.

Ils ne se privent donc pas d’utiliser le nom et la réputation du site pour fournir en ce début du mois de décembre un pastiche du site en jouissant de la réputation de ce dernier. Mais vous l’avez compris, derrière ce nouveau Zone Téléchargement, il n’y a en aucun cas les anciens administrateurs qui attendent, eux, leur jugement en prison.

Case prison

Se nommant désormais Staff ZT, les administrateurs de la page semblent bien décidés à s’asseoir sur le trône des anciens pirates. Dans un message plein de bons sentiments — censés justifier leur activité pirate qui, on n’en doute pas sera aussi rentable que celles de leurs prédécesseurs — ce Staff ZT invite donc à se rendre sur une nouvelle version du site logé dans les Samoa.

Néanmoins, contrairement au premier retour du site, cette fois-ci, la structure en deux parties est de retour — et fonctionnelle. C’est-à-dire que ce nouveau Zone Téléchargement s’accompagne également d’un nouveau site de protection de liens à la DL Protect. Le clone est presque parfait. Le catalogue a légèrement changé : on imagine que les liens n’ont pas tous pu être retrouvés mais l’entreprise pirate est à nouveau à flots.

En fin de compte, nous avons la nette impression de voir des dealers se battre un pré carré, et dès lors que l’un d’entre eux tombe, de nouveaux bandits viennent jouir de sa clientèle pour perpétuer le business… Et Zone Téléchargement est devenu si célèbre que la création d’un faux sera certainement aussi rentable que l’original : une place au soleil pour ces apprentis pirates opportunistes.

À lire sur Numerama : Zone Téléchargement, PME pirate  : les dessous d’une enquête internationale

 

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