Le futur président des États-Unis est déjà menacé par la presse nationale chinoise : après avoir fait campagne sur la lutte contre l'économie chinoise, Donald Trump reçoit des avertissements venus d'un pays indispensable à l'économie américaine.

La presse nationale chinoise se fait l’écho des discussions du gouvernement au sujet de Donald Trump. Celui-ci n’a jamais mâché ses mots pour dénoncer la politique économique de la Chine ainsi que les accords sino-américains, accusant le pays d’avoir ruiné les États-Unis et nommant Beijing comme étant responsable du « plus grand vol de l’histoire du monde ». Sans parler du fait que Trump considère que le réchauffement climatique est un complot chinois.

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CC Jeso Carneiro

Alors que Donald Trump va devenir président des États-Unis, la Chine commence son offensive préventive de manière peu diplomatique. Le Global Time, titre de presse national contrôlé et édité par le gouvernement, écrit dans un édito que le futur président « sera condamné pour son insouciance, son ignorance et son incompétence. » Donald Trump a en effet promis pendant sa campagne de taxer toutes les importations venues de Chine à 45 % afin de punir Beijing et ses politiques.

Or la presse nationale chinoise explique que si le président se risquait à une telle taxation, le pays y répondrait immédiatement par des contres mesures similaires, et une approche  « dent pour dent » dans la politique d’importation de la Chine.

Le quotidien souligne ainsi l’importance de la Chine dans l’achat des produits venus des États-Unis. Le pays asiatique est en effet le destinataire de plus de 7 % du total des exportations américaines, juste derrière le Canada et le Mexique.

Apple Store, Shanghai. CC Warren R.M. Stuart
Apple Store, Shanghai. CC Warren R.M. Stuart

« Les commandes de Boeing seront remplacées par des Airbus. Les ventes d’automobiles américaines et d’iPhone subiront un terrible revers et les exportations vers les USA de soja et de maïs seront arrêtées. La Chine pourrait également limiter le nombre d’étudiants chinois faisant leurs études aux États-Unis. » prévient ainsi le Global Time.

Une telle décision serait forcément difficile pour l’industrie automobile, comme pour Cupertino qui par exemple, vend depuis 2015 plus d’iPhone en Chine que sur le sol américain.

Le journal explicite la prise de position plus diplomatique du ministre des affaires étrangères chinois dont le porte-parole Lu Kang expliquait la semaine passée : « Je crois que si un homme politique américain s’intéresse aux intérêts de son peuple, il adoptera une politique propice à une coopération économique entre la Chine et les États-Unis.  »

Xi Jinping et Barack Obama, 2014. CC Ambassade des États-Unis à La Haye
Xi Jinping et Barack Obama, 2014. CC Ambassade des États-Unis à La Haye

Xi Jinping et Donald Trump ont déjà établi un premier contact, très cordial, dans lequel le président chinois a félicité le futur président. Néanmoins, les incertitudes concernant la politique économique des États-Unis de Trump continuent de secouer Beijing et le parti communiste chinois. De nombreuses voix chinoises parient déjà que le président, une fois élu, sera bien plus amical avec les Chinois et leurs exportations qu’il ne l’a promis.

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