Twitter, Facebook, YouTube et WhatsApp ont été rendus inaccessibles en fin de semaine en Turquie. Ces blocages surviennent alors qu'une vague d'arrestation a frappé les dirigeants d'un parti de l'opposition.

La Turquie renoue avec le blocage des sites web. Depuis la fin de la semaine, plusieurs témoignages d’internautes turcs font état d’importantes difficultés pour accéder à des services comme Facebook, Twitter, YouTube et WhatsApp. Si les trois premières plateformes subissent de temps à autre des restrictions d’accès dans le pays, c’est la première fois que WhatsApp est affecté.

Le blocage ne semble pas généralisé à l’ensemble des abonnés. Le site Turkey Blocks, dont la raison d’être est de rapporter toutes les tentatives de blocage survenant en Turquie, note que les clients de UyduNet et des opérateurs de petite taille ne semblent pas, pour l’instant, empêchés d’accéder à ces services. Par contre, les fournisseurs d’accès plus importants, comme TTNet et Turkcell, n’y échappent pas.

Purge dans le pays

Les difficultés d’accès à Facebook, Twitter, YouTube et WhatsApp surviennent au moment où une vague d’arrestation a frappé les dirigeants du Parti démocratique des peuples, avec des descentes à son quartier général. La particularité de ce mouvement politique, qui peut compter sur 59 députés — ce qui en est fait la troisième force du pays –, est son soutien à la population kurde.

Elles surviennent également dans un contexte où le pays est placé sous le régime de l’État d’urgence. Mis en place le 20 juillet pour trois mois, il a été prolongé pour trois mois de plus le 19 octobre. Cette mesure fait suite à la tentative de coup d’État raté contre Recep Tayyip Erdoğan. Il est probable qu’une nouvelle extension soit demandée en janvier, puisque le président turc avait initialement défendu une prolongation d’un mois.

Erdogan
Recep Tayyip Erdoğan
CC La Moncloa Gobierno de España

Selon un bilan effectué début octobre, depuis l’échec du putsch, une véritable épuration à tous les nouveaux de la société. De l’armée à la police, du milieu universitaire à l’éducation, en passant par la magistrature et d’autres secteurs, le pouvoir en place a procédé à plus de 32 000 arrestations et a démarré des enquêtes sur 70 000 personnes. La classe politique n’est pas non plus épargnée.

La Turquie est familière du blocage. Rien que cette année, le pays a pris des mesures de ce type après l’attentat à Istanbul, pour limiter la diffusion d’informations compromettantes et contre les populations kurdes. Et ce ne sont là que quelques exemples. Ces blocages se déroulent dans un contexte où le pouvoir en place, incarné par Recep Tayyip Erdoğan, est accusé d’être en pleine dérive autoritaire.

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