Le gouvernement d'Erdogan a bloqué le réseau internet de 11 villes kurdes à cause de différentes protestations. Un énième cas de censure dans un pays qui traverse une lourde crise politique.

D’après Turkey Blocks, onze villes de Turquie se trouvent actuellement privées de connexion Internet. En effet, le gouvernement d’Erdogan aurait instauré cette stricte censure à cause des protestations récentes qui envisagent la libération de Gültan Kışanak et de Fırat Anli, respectivement maire et co-maire de la ville de Diyarbakir. Tout deux ont été emprisonnés, accusés de terrorisme.

En outre, les villes ciblées seraient toutes peuplées par des Kurdes, minorité ethnique qui compte à peu près pour 20 % de la population turque. À vrai dire, ce n’est pas la première fois que le gouvernement Erdogan impose son pouvoir despotique sur cette minorité. En effet, Erdogan a toujours réprimé les régions à majorité kurde, notamment celles qui se trouvent au sud du pays, à cause de leur volonté d’indépendance.

Ainsi, les résidents des villes de Diyarbakır, de Mardin, de Batman, de Siirt, de Van, de Elazığ, de Tunceli, de Gaziantep, de Şanlıfurfa, de Kilis et de Adıyaman, se sont retrouvés en cette fin de semaine sans moyen de se connecter à Internet. L’opération a bloqué en même temps les ordinateurs et les appareils mobiles, en laissant 6 millions de personnes complètement isolées du reste du monde.

Plusieurs habitants de ces régions ont pris la route sur plusieurs centaines de kilomètres pour se connecter aux réseaux sociaux et publier des images des protestations et tenir le monde informé de la situation qui évolue rapidement dans la région.

Crédits : André Scultori

Dans un pays de plus en plus autoritaire, mais aussi progressivement plus instable, ces incidents ont tendance à ce multiplier. Erdogan sait que les forces kurdes sont en train de gagner en légitimité grâce à leur campagne en Syrie contre l’État islamique, mais il sait aussi que aussi les jeunes turques, qui composent une bonne partie de l’opposition intellectuelle, sont en train de mener une véritable bataille médiatique sur les réseaux sociaux contre les abus de pouvoir du gouvernement.

Couper internet signifie supprimer l’expression individuelle, le partage des idées et la démocratie, mais surtout, la connexion avec le monde entier. En faisant cela, Erdogan peut faire taire la population et l’étouffer sur le terrain avec son armée.

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