Le sujet avait été minutieusement évité jusque-là. Néanmoins, devant la question de Fox News sur les mails révélés par WikiLeaks, Hillary Clinton a attaqué son adversaire sur ses liens avec la Russie de Vladimir Poutine.

Pendant le dernier débat avant la présidentielle américaine, une question impliquant les révélations de WikiLeaks a enfin été posée à la candidate démocrate. Les mails révélés auront donc attendu la toute fin de campagne pour être mis au cœur d’un débat. Clinton, sur la défensive, a en réponse demandé à Trump d’admettre que la Russie se mêlait de la politique américaine grâce à WikiLeaks et qu’il n’en était « qu’une marionnette. »

Le modérateur du débat, Chris Wallace de Fox News, a en effet interrogé la candidate démocrate sur ses propos dans un mail mis en ligne par l’organisation. Dans celui-ci elle s’adresse à une banque brésilienne en expliquant rêver « d’un marché commun continental, avec un marché unique et des frontières ouvertes. »

Hillary Clinton ne tarde pas à répliquer que la phrase a été tronquée, puisque dans ce mail, elle parle, d’après elle, du marché de l’énergie. La candidate a ensuite lu l’intégralité de la citation empruntée par Chris Wallace : « Mon rêve est un marché commun continental, avec un marché unique et des frontières ouvertes, à l’avenir, avec une énergie qui sera aussi verte et aussi renouvelable que possible, dopant ainsi la croissance et ouvrant des opportunités pour chaque personne.  »

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Mais si Clinton avait préparé sa réponse pour prouver qu’elle n’en appelait pas à la fin des frontières, comme le souligne son adversaire, elle a surtout attendu une telle question pour s’exprimer sur WikiLeaks et la Russie. Adoptant ainsi la posture démocrate qui a été décidée comme tactique de réponse systématique sur ces sujets : ses conseillers espèrent ainsi lier le pouvoir russe de Vladimir Poutine, Trump et WikiLeaks, et démontrer que le candidat républicain n’est que la marionnette de la Russie.

Vous êtes la marionnette !

«  Ce qui compte vraiment à propos de WikiLeaks, c’est quand même que le gouvernement russe a engagé des espions contre les américains. Ils ont piraté des sites américains, des comptes de personnes privées, d’institutions, et ensuite ils ont donné les informations à WikiLeaks afin qu’ils publient ces données sur Internet.  »

Selon Hillary Clinton, les révélations de WikiLeaks sont donc la preuve que la Russie tente d’interférer sur l’élection américaine, une décision qu’elle estime prise au plus haut niveau de l’État russe, directement « par Poutine lui-même. » Clinton a ensuite ajouté que « 17 de [leurs] services secrets  » estiment que les autorités russes sont effectivement derrière le hack du parti démocrate. De son côté, l’administration Obama, encore au pouvoir, s’est gardée de déclarer officiellement que Poutine serait effectivement derrière les opérations de piratage.

Enfin, la candidate a demandé à Donald Trump de clarifier ses liens avec Poutine. « Est ce que Donald Trump va affirmer qu’il n’aura pas l’aide de Poutine durant cette élection, qu’il condamne l’espionnage russe contre les américains alors qu’il l’a encouragé par le passé ?  »

Non, c’est vous la marionnette ! 

Amusé, un Trump moqueur réplique à la candidate : « C’est un beau détour pour éviter le fait qu’elle souhaite des frontières ouvertes. Enfin pour finir sur les frontières, elle veut des frontières ouvertes. Les gens vont submerger notre pays. Ils viendront de Syrie. Elle souhaite 550 % de personnes en plus que Barack Obama, qui déjà accepte par milliers les gens. Et ils n’ont aucune idée d’où viennent ces gens.  »

Enfin sur Poutine, Trump finit par conclure : « Je ne connais pas Poutine. Il a fait des compliments publics à mon propos. Si nous pouvons nous entendre, ce serait bien. Si la Russie et les États-Unis s’entendent bien, et s’unissent pour attaquer l’état islamique, ce serait bien. Vladimir Poutine ne respecte pas Hillary Clinton, il ne respecte pas non plus notre Président.  »

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Le candidat Républicain accuse ensuite Clinton de jouer « avec le feu contre un pays qui a l’arme nucléaire. Vous êtes la marionnette !  », lâche-t-il. Pour finir, la candidate rétorque : « Non, c’est vous la marionnette !  » Avant de citer Trump lorsqu’il exhortait Poutine à publier les mails de Clinton.

Ainsi va la politique américaine.

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