Alors que WikiLeaks a publié près de 300 000 mails du parti au pouvoir, la Turquie tient à empêcher qu'ils puissent être vus. Le site du lanceur d'alerte a été bloqué dans le pays et des services de cloud connaissent à leur tour des restrictions d'accès.

Marqué par la tentative de coup d’État ayant eu lieu le 15 juillet, le gouvernement de Recep Tayyip Erdoğan a décidé de maintenir le pays en état d’urgence pour trois mois supplémentaires. En parallèle, la pression reste très vive à l’égard de la publication par WikiLeaks de près de 300 000 courriers électroniques provenant des serveurs de l’AKP, le parti politique fondé en 2001 par… Erdoğan.

Le site Turkey Blocks, qui comme son nom l’indique se concentre sur les restrictions d’accès survenant en Turquie, rapporte que des mesures techniques ont été prises pour empêcher les internautes de visiter normalement certains sites d’hébergement en ligne, comme Google Drive, Dropbox et OneDrive, la solution de stockage dans le cloud mis en place par Microsoft.

L’efficacité du blocage varie selon le service. Ainsi, Dropbox est signalé comme étant totalement inaccessible tandis que Google Drive serait partiellement atteignable du fait de l’infrastructure spécifique mise en place par la firme de Mountain View. Quant à ceux ayant des compétences en informatique, nul doute qu’ils utilisent déjà des serveurs mandataires pour éviter d’être refoulés.

Des mails sensibles en toile de fond

La mesure, qui n’a à notre connaissance pas été commentée par les autorités, vise manifestement à restreindre la propagation des courriers électroniques qui couvrent une période de l’AKP allant de 2010 à juillet 2016. Les mails mettent en évidence l’influence du parti sur les médias afin de ne retenir que les informations en sa faveur par le biais de la censure.

Selon WikiLeaks, qui a été bloqué en Turquie pour avoir servi de réceptacle et de relais médiatique à cette fuite, cette diffusion n’est pas liée au coup d’État. En revanche, il a été admis qu’elle a été précipitée pour que l’affaire sorte pendant la tentative de coup d’État, afin, explique le site spécialisé dans les documents confidentiels, d’apporter autant que possible un éclairage nouveau sur la Turquie d’Erdoğan.

À lire sur Numerama : La Turquie bloque Wikileaks pour tenter de limiter les révélations

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