Le groupe de hackers Fancy Bear a publié de nouveaux documents liés aux sportifs. Après l'Agence mondiale antidopage, c'est au tour de l'Agence américaine antidopage d'être mise à nu.

Le groupe de hackers Fancy Bear, qui avait déjà piraté l’Agence mondiale antidopage (AMA) en septembre dernier en ayant simplement obtenu le mot de passe permettant d’accéder à une base de données, retourne sur le champ de bataille. Il publie cette fois une deuxième série de révélations concernant l’Agence américaine antidopage (AAA).

La plupart des leaks publiés montrent que le groupe de hacker a pu s’introduire en profondeur dans le système de l’organisation. En effet, il s’agit maintenant de mails et de documents de communication interne de l’organisation, notamment une conversation par e-mail entre le directeur scientifique de l’AAA Matthew Fedoruk et Dana Leenher, la spécialiste des autorisations d’usage à des fins thérapeutiques (AUT) — des substances dopantes peuvent être utilisées par les athlètes pour des raisons médicales et, donc, en as d’autorisation, ne pas faire l’objet de sanction en cas de détection lors des contrôles anti-dopape.

Les échanges de mails révèlent que des cyclistes auraient eu recours à ces AUT bien davantage que les athlètes d’autres sports en 2015. L’AAA n’a pas encore commenté ces nouvelles révélations, tandis que le cycliste Bradley Wiggins rompt le silence et apporte ses explications détaillées.

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Le logo de présentation des Fancy Bear

Que les AUT soient justifiées ou non, leur simple publication sous des airs dénonciateurs renforce la méfiance du public envers les athlètes olympiques et les organisations sportives internationales. Comment ces AUT sont-elles attribuées, et quel genre d’effets et de bénéfices la prise des substance autorisés génère-t-elle ?

En défense, l’AMA a lancé mercredi une accusation de manipulation des données publiées par Fancy Bear. Elle relève en effet des différences entre les documents publiés par le groupe de hackers et ceux qui se trouvent dans ses archives. Fancy Bear n’a pas répondu à cette accusation.

Cela renforce la complexité de cette histoire gênante à divers points de vue, autant pour l’image du sport que pour la vie privée des athlètes dont l’état de santé est parfois mis à nu.

Ces nouvelles révélations, qui visent spécifiquement l’agence américaine, devraient nourrir les suspicions contre la Russie. Dès le premier jour, l’AMA avait accusé le pays de Vladimir Poutine d’être à l’origine de la fuite des données, sans toutefois apporter d’éléments de preuve. L’accusation s’est ensuite affaiblie mais reste présente dans le paysage de fond.

Toutefois comme le souligne Thomas Rid, professeur d’études de sécurité au Kings College, «  dire que les documents ne sont pas crédibles et qu’ils sont modifiés (en donnant aucune évidence concrète) est une stratégie commode aussi  » pour ceux que ces fuites embarassent.Save

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