Le député et ancien ministre Bruno Le Maire, a été le seul des candidats à la primaire des Républicains à publier un tweet pendant l'émission Envoyé Spécial qui consacrait un reportage à l'affaire Bygmalion. Un tweet qui pourrait faire école dans la communication politique.

Vous n’avez pas pu passer à côté. Jeudi soir, Elise Lucet présentait son Envoyé Spécial sur France 2 avec en second rideau le très attendu reportage sur l’affaire Bygmalion, qui a démontré méthodiquement comment les comptes de campagne de Nicolas Sarkozy avaient été très fortement truqués en 2012 (si vous n’avez pas vu le reportage, c’est par ici). Tout le nœud judiciaire de l’affaire pour l’ancien président de la République consiste à savoir s’il était au courant voire à l’instigation de la double facturation mise en place.

Ce qui ressort du reportage, c’est en tout cas qu’il était absolument impossible pour toute personne un minimum habituée aux organisations de spectacles et événements de ne pas voir que le coût annoncé des meetings était très inférieur (d’un facteur de un à sept) à leur coût réel. Et donc, que le scandale Bygmalion et l’éventuelle réélection de Nicolas Sarkozy sur la base d’une campagne frauduleuse portant atteinte à l’équité entre les candidats n’aurait pas pu avoir lieu si les candidats rendaient publics leurs frais de campagne, en quasi temps réel.

C’est donc avec beaucoup de malice et d’à-propos que Bruno Le Maire, adversaire de Nicolas Sarkozy pour la primaire des Républicains, a publié un tweet sur ses comptes de campagne au moment-même où Envoyé Spécial était diffusé. Avec le hashtag #EnvoyéSpécial, l’ancien ministre de l’Agriculture y publie simplement un lien vers une page de son site de campagne sur laquelle il énonce, justement, les frais de campagne qu’il a jusqu’à présent engagés. Les dépenses n’y sont pas détaillées, mais rien que l’agrégation permet à ceux qui suivent les meetings de voir si elles semblent cohérentes.

Bruno Le Maire n’a pas fait d’autre commentaire. Uniquement ce tweet, qui n’attaque pas frontalement Nicolas Sarkozy ou Les Républicains (ex-UMP), mais qui parvient tout en subtilité à attaquer les raisons pour lesquelles l’affaire Bygmalion a pu se produire, et pour lesquelles elle pourrait encore se reproduire y compris lors de cette primaire.

De son côté, Nicolas Sarkozy n’a strictement rien tweeté pendant l’émission :

sarkozy-france

Son grand rival Alain Juppé non plus, le maire de Bordeaux se contentant de relayer son meeting de Lyon (dont on ignore le coût). Pas non plus de réactions chez Nathalie Kosciusko-Morizet, Jean-François Copé (le seul des candidats interrogé dans le reportage) ou François Fillon.

De tous les candidats à la primaire des Républicains, Bruno Le Maire est le seul à avoir utilisé la puissance de réaction à chaud des réseaux sociaux, pour faire passer un message à ses militants en profitant d’une actualité très suivie. Les autres, sans doute, n’ont pas voulu donner l’impression de tirer contre leur propre camp.

juppe

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