En mai dernier le mot-clef #AirbnbWhileBlack avait mis l'entreprise face à ses responsabilités en matière de racisme et de discrimination sur sa plateforme. Pour répondre aux inquiétudes de ses clients, la société avait promis de réfléchir à ces questions. Un rapport et des mesures ont été dévoilés cette semaine.

A l’instar d’Uber, Facebook ou encore Twitter, Airbnb, la société de location entre particuliers a dû affronter des problèmes de discrimination sur son service. Que ce soit de la part des locataires ou des propriétaires, des mentions raciales et des agressions verbales ont pris place sur la plateforme, une situation que de nombreux clients ont trouvé insupportable et une réaction sur les réseaux sociaux avait mis en lumière ces cas.

C’était en mai dernier, lorsque le hashtag #AirbnbWhileBlack a mis l’entreprise dans une position délicate. Avec son rôle de mise en relation entre propriétaire et locataire, Airbnb a naturellement un rôle protecteur et doit assurer la modération sur son service.

La direction de la société avait donc déclaré ouvrir une étude conjointement à des actions réelles pour identifier les problèmes et leur apporter des solutions. Elle s’entourait alors de l’organisation Color Of Change pour accélérer cette prise de conscience. La réaction d’Airbnb aurait pu s’arrêter à une médiatique reconnaissance du problème, mais cette semaine c’est un rapport d’une trentaine de pages qui est réalisé et dévoilé par l’entreprise avec de nombreuses propositions et actions pour lutter contre toutes les discriminations.

Une charte exigeante

Ainsi, les règles se feront plus claires sur la plateforme, et les personnes n’y adhérant pas devront la quitter. Dès le premier novembre une nouvelle charte à destination des utilisateurs du monde entier sera mise en ligne, avec l’obligation d’y souscrire pour continuer d’utiliser le service. Dans les nouvelles lignes de cette charte on trouvera ainsi une mention précisant que les utilisateurs doivent travailler ensemble « indépendamment de leur race, religion, nationalité, handicap, sexe, genre, orientation sexuelle ou âge. » Ainsi, les utilisateurs ne respectant pas ces conditions pourront être sanctionnés. La clarté est donc désormais de mise.

Mais Airbnb va également subtilement changer son fonctionnement pour réduire l’impact que prennent les photos des utilisateurs sur le site avec le recours à plus d’instant booking dans lesquels les utilisateurs n’ont pas à choisir leur locataire. La plateforme se comporte ainsi de manière plus transparente sur les réservations qui se feront sur d’autres critères que le bon vouloir des propriétaires.

La société a également créé une équipe spécialisée dans la modération et le suivi des plaintes pour les cas de discriminations avec des pénalités qui iront jusqu’au bannissement pour les fautifs. Enfin, car l’un ne va pas sans l’autre bien que les entreprises de la Sillicon Valley l’oublient souvent, Airbnb a clarifié une politique de recrutement faisant de la diversité une priorité pour son équipe, laissant ainsi une image et une politique interne renouvelée sur cette question.

Avec son fort ancrage dans la réalité de ses utilisateurs, Airbnb vient de franchir un pas dont l’importance ne doit pas être minimisée. Surtout si l’on considère le caractère international de l’entreprise qui va ainsi appliquer une charte contre les discriminations à travers le monde, et cela même dans des pays pratiquant du racisme d’état. Toutes les entreprises de la tech n’ont pas la même rigueur lorsqu’il s’agit de donner des solutions radicales à ces problèmes fondamentaux.

Partager sur les réseaux sociaux

Articles liés