Deux activistes vietnamiens ont été condamnés mardi à deux et trois ans de prison ferme, pour avoir publié des commentaires critiques contre le gouvernement en place.

Du 5 au 7 septembre prochain, François Hollande se rendra au Vietnam pour une visite officielle d’État. L’occasion peut-être pour le président français de rappeler au pays l’importance de la protection des droits de l’homme, même si la France semble parfois les oublier elle-même. Habitué à une censure étroite, qui va régulièrement jusqu’à couper l’accès aux réseaux sociaux pour étouffer les mouvements sociaux, le vietnam s’est hélas encore illustré cette semaine.

« Deux Vietnamiens ont été condamnés mardi à de la prison ferme pour propagande antigouvernementale sur les réseaux sociaux, dans un pays communiste où les opposants sont nombreux à être emprisonnés pour avoir exprimé leurs idées », rapporte ainis l’AFP. Les deux cousins, Nguyen Huu Quoc Duy (31 ans) et Nguyen Huu Thien An (21 ans), ont été condamnés à trois et deux ans de prison ferme. Le procès n’aura duré qu’une seule journée.

Le premier aurait diffusé sur sa page Facebook des « des dizaines d’articles aux points de vue erronés… déformant la politique du parti et de l’Etat », ce que la loi pénale vietnamienne interdit, en sanctionnant toute propagande antigouvernementale — quelque chose que le Parti Socialiste avait pensé imiter avant d’être rattrapés par un sursaut de bon sens. Le second a été condamné pour s’être « connecté à des sites internet réactionnaires publiant des informations diffamant la république socialiste du Vietnam », même si l’on comprend qu’il y aurait aussi publié des commentaires critiques.

Ces condamnations, qui ne sont que les plus récentes du genre, rappellent au monde l’importance cruciale que peut avoir l’anonymat et le chiffrement des communications pour la liberté d’expression même si, en l’espèce, les deux condamnés semblent avoir abandonné ce droit en utilisant Facebook sous leur vrai nom. Il reste hélas beaucoup de pays au monde où s’exprimer contre le gouvernement est prendre un risque, et où la protection de la vie privée reste donc intrinsèquement liée à la liberté d’expression.

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