Le PDG d'Airbnb estime que la discrimination raciale est le plus grand défi auquel est confrontée son entreprise. Ce dernier a reconnu que ses fondateurs n'avaient pas cette problématique en tête lors de la création de la plateforme de réservation de logements.

« Il y a des racistes dans le monde et nous ne devons avoir aucune tolérance ». Par ces mots, Brian Chesky, le PDG d’Airbnb, veut prouver sa détermination à lutter contre les discriminations sur sa plateforme de location de logements entre particuliers. Ce dernier a estimé que le plus grand challenge de son entreprise n’était pas les restrictions légales imposées dans plusieurs villes à travers le monde — notamment en France — mais plus le racisme flagrant qui sévissait au sein de la communauté d’Airbnb.

« Globalement, je pense que nous avons mis du temps à réagir face à ce problème », a admis Brian Chesky lors de la conférence Fortune Braistorm Tech qui s’est tenue du 11 au 13 juillet au Colorado, « Je pense que cela est dû au fait que nous étions obnubilés par la notion de confiance et par notre volonté de garantir une sécurité aux gens, avec de vraies identités et des photos », explique-t-il.

Or, l’entreprise s’est finalement rendue compte qu’en consultant le profil des utilisateurs — et ainsi en permettant de savoir à quoi ils ressemblent physiquement — certaines personnes refusent de louer leur logement pour des motifs racistes, en se basant uniquement sur la couleur de la peau ou la religion apparente.

Aux États-Unis, le hashtag #AirbnbWhileBlack a été régulièrement alimenté ces derniers mois sur Twitter avec des témoignages dénonçant des pratiques discriminatoires sur la plateforme de réservation. En juin, le PDG de l’entreprise s’était déjà exprimé à ce sujet et avait promis de prendre des mesures. Airbnb est actuellement en train de mener une étude afin de déterminer comment le site peut appréhender le problème du racisme et de la discrimination. Dans cette optique, l’objectif est d’obtenir des solutions pour modifier certains éléments du concept de la plateforme.

En attendant, l’entreprise a banni plusieurs utilisateurs dont le comportement discriminant avait pu être démontré. Des internautes ont décidé de prendre des initiatives de leur côté. C’est ainsi que le concept de Noirebnb, un site similaire à Airbnb mais réservé aux personnes afro-américaines, a fait son apparition sur le web.

Le racisme n’est d’ailleurs pas la seule forme de discrimination à laquelle est confrontée l’entreprise de Brian Chesky. L’artiste américaine Shadi Petosky révélait sur Twitter qu’un logement lui avait été refusé car elle était transsexuelle.

Aux États-Unis, le racisme est une problématique qui revient très souvent dans le débat publique. Une étude de la Harvard Business School estime ainsi que la demande de location d’un afro-américain avait 16 % moins de chances d’aboutir qu’une autre. En outre, le nombre bien trop élevé de violences policières à l’égard des personnes de couleur causant la mort ne fait qu’aggraver un profond malaise racial au sein de la société américaine, qui a connu la ségrégation raciale jusque dans les années 1960 et le combat de Martin Luther King.

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