Le réseau social Facebook est poursuivi en justice aux USA par une ONG israélienne qui l'accuse de ne pas faire assez contre le Hamas, une organisation palestinienne classée comme terroriste par les États-Unis.

Le Hamas a-t-il sa place sur Facebook ? C’est toute la question qui est soulevée avec l’action en justice enclenchée par l’organisation non gouvernementale israélienne Shurat HaDin, qui reproche au réseau social de fournir de fait un soutien matériel aux terroristes. Déposée lundi à New York, la plainte exige du site le paiement d’un milliard de dollars au titre des dommages et intérêts.

Aux yeux des plaignants, la plateforme enfreint la législation américaine sur la lutte antiterroriste. Aux États-Unis, le mouvement palestinien est en effet classé sur la liste officielle des organisations terroristes. Dans ces conditions, Facebook devrait donc s’investir davantage pour empêcher le Hamas de passer par ses services. Or à ses yeux, ce n’est pas le cas, ce qui constitue une infraction pénale.

Facebook

Dans sa plainte, Shurat HaDin mentionne cinq attaques qui se sont déroulées entre le mois de juin 2014 et le mois de mars 2016, en rappelant tantôt l’âge des victimes (16 ans, 3 mois, 76 ans), tantôt leur nationalité (les cinq cas mentionnés impliquent tous des Américains).

Facebook dispose de conditions d’utilisation qui interdisent la publication de contenu incitant à la haine ou à la violence ou montrant de la violence gratuite. Le site ajoute qu’il est aussi opposé à un usage illicite, malveillant ou discriminatoire de son service. Et de façon plus générale, Facebook, en tant que société américaine, doit respecter la législation américaine.

Quelle responsabilité pour les réseaux sociaux ?

Ce n’est pas la première fois que le rôle actif ou passif des réseaux sociaux est questionné après un attentat. À la suite des attaques survenues à Paris en novembre 2015, le père d’une victime américaine a décidé de porter plainte aux États-Unis contre Facebook, Google et Twitter, pour avoir « sciemment permis » l’organisation des actions terroristes qui ont tué sa fille.

Les critiques émanent aussi des gouvernements, à l’image d’Israël qui, alors confronté à une vague d’actions violentes, estime que le réseau social américain de ne pas en faire assez pour éviter le terrorisme, en particulier en provenance des territoires occupés de Cisjordanie. Des critiques que l’on retrouve en France à travers le ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve, insatisfait de la mobilisation de la Silicon Valley.

À lire sur Numerama : Le père d’une victime des attentats de Paris poursuit Google, Facebook et Twitter

Partager sur les réseaux sociaux

Articles liés