Réfugié en Russie, Edward Snowden n'a pourtant pas hésité à critiquer sévèrement la nouvelle loi russe antiterroriste, qui prévoit d'étendre un peu plus Big Brother dans le pays.

Edward Snowden ne manque pas de courage. Alors qu’il sait qu’il ne peut compter pour le moment que sur la toute relative « bonté » de la Russie pour échapper à la justice des États-Unis après le scandale qu’il a mis à jour avec ses révélations sur la surveillance de masse pratiquée par la NSA, le lanceur d’alerte américain n’a pas hésité à porter de vives critiques contre son pays d’accueil.

Dans un message publié samedi sur Twitter, Edward Snowden écrit que « la nouvelle loi Big Brother russe est une violation inapplicable et injustifiable des droits et ne devrait surtout pas être promulguée ». Audacieux pour un homme dont la présence en Russie dépend du bon vouloir du Kremlin. Rappelons que son permis de séjour actuel ne sera plus valide l’an prochain, à moins d’un renouvellement.

Dans un message secondaire publié peu après, et faisant fi du risque que sa prise de position pourrait faire peser sur son dossier dans les mois à venir, l’ex-analyste de la CIA et de la NSA ajoute que « la surveillance de masse ne fonctionne pas. Cette loi va coûter de l’argent et de la liberté à chaque Russe sans améliorer la sécurité. Elle ne devrait pas être promulguée ».

Depuis son installation en Russie, en 2013, Edward Snowden a été accusé par moment de ne pas se montrer assez sévère avec la politique de Vladimir Poutine. En septembre 2015, l’intéressé avait toutefois décoché une salve contre le Kremlin et sa politique vis-à-vis du net, pointant les erreurs politiques du pouvoir dans ce domaine, mais aussi le manque de considération envers les homosexuels.

Dans ses critiques, Edward Snowden fait référence au nouveau cadre antiterroriste approuvé par les parlementaires russes de la chambre basse, il inclut diverses mesures dont un amendement qui prévoit que les fournisseurs de messagerie aient l’obligation de fournir aux services de renseignement un flux en clair des conversations, pour le filtrage des communications et la surveillance.

Il est aussi question du stockage, pendant 6 mois, de toutes les activités des internautes (données, messages, appels) et leurs métadonnées pendant 3 ans. Ces éléments seront conservés par les opérateurs et les réseaux sociaux qui devront les transmettre aux autorités à leur demande. Des peines de prison de 7 ans en cas de justification publique du terrorisme sont aussi prévues.

À lire sur Numerama : Une proposition de loi contre le chiffrement en Russie

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