Pour la fête des mères, Apple a diffusé une publicité à destination des mamans et de leurs enfants. La société de Tim Cook considérée comme gay-friendly a pourtant censuré dans plusieurs pays un couple homoparental, notamment en France.

La France n’est-elle pas prête à voir un couple de lesbiennes avec des enfants ? C’est ce que laisse penser l’auto-censure d’une publicité d’Apple. Cette publicité prévue pour la fête des mères a été diffusée à travers le monde, avec des images et vidéos (prises sur iPhone) de familles, des mamans et leurs enfants. Une façon délicate de faire de la publicité pour le smartphone de Cupertino.

D’autant que la pub, fidèle à la tradition de tolérance et de progressisme d’Apple, comporte une photo d’un couple homoparental. Deux mamans avec leurs deux bébés ; une photo en somme très simple et mignonne. Une attention aux LGBT de la part d’Apple qui aurait pu être un sans faute, sauf que la société dont le PDG est ouvertement homosexuel a volontairement retiré cette photo dans la version française de la publicité.

La photo a ainsi été retirée dans 6 pays, la France, l’Allemagne, l’Italie, la Corée du Sud, la Turquie et le Japon. Tous des pays dans lesquels Apple considère qu’une publicité montrant des homosexuels peut heurter l’image publique de la marque.

La France n’est-elle pas prête ?

Si Apple a fait ce choix décevant qui manque clairement d’audace et de volonté de défendre des valeurs jusqu’au risque (qu’on espère irréel) de perdre des ventes, ce n’est pas la seule marque à choisir de censurer du contenu publicitaire gay-friendly en France.

Régulièrement, la France voit les marques ne pas appliquer de stratégie dite de pink washing sur notre territoire, considéré comme encore trop conservateur sur ces questions. Même depuis l’adoption en France du mariage pour tous, les publicitaires sont encore réticents à l’idée d’associer l’homosexualité à une marque. En début d’année, c’était Toyota qui retirait des LGBT pour sa publicité française.

Si on peut reprocher aux sociétés de ne pas s’engager publiquement, leur décision ne font que répondre aux analyses sociologiques de l’homophobie en France. Il ne faut pas oublier qu’en France, l’homophobie est une réalité quotidienne pour des milliers de personnes. Les statistiques démontrent que tous les deux jours, une personne LGBT est victime d’une agression homophobe et que les communautés homophobes sont très implantées en France et prêtes à lancer des boycotts.

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