De passage aux Pays-Bas, Eric Schmidt a livré une charge inhabituelle contre la politique européenne, qui freinerait le développement des startups. Il appelle à s'inspirer bien plus de ce qui se fait aux États-Unis.

Eric Schmidt, qui fut longtemps le président de Google et qui préside désormais sa maison-mère Alphabet, était la semaine dernière sur la scène du Startup Fest Europe aux Pays-Bas. Il était interrogé par la journaliste américaine Julia Chatterley, CNCB. À cette occasion, le patron de la multinationale la plus puissante du monde a livré une charge assez violente contre l’Union européenne, et surtout contre sa culture politique qu’il estime être un frein au développement des startups.

« Ce qui se passe quand je rencontre les gouvernements [européens] c’est qu’ils disent tous ”oui” et ils écoutent bien poliment. Ils sont toujours très gentils. Les Européens sont toujours très polis. Et puis après ils n’en font rien du tout », a-t-il attaqué, dans une charge qui n’est pas coutumière à un homme d’ordinaire bien plus lice et diplomate.

Il a d’abord amorcé par la question des universités européennes, en semblant demander d’ouvrir leur financement par le secteur privé, comme ça se fait beaucoup aux États-Unis. « Nous embauchons des gens incroyablement intelligents qui viennent d’universités européennes. Les universités elles-mêmes sont sous-financées par rapport aux universités américaines, et de loin », a-t-il fait remarquer.

Par ailleurs, « il y a un tas de lois [en Europe] qui font qu’il est difficile d’être entrepreneur », assure-t-il. « C’est beaucoup plus difficile d’être un entrepreneur en Europe qu’aux États-Unis, à la fois pour des raisons de régulation, de politique fiscale, de temps que ça prend pour créer une boîte, et ainsi de suite ». Des propos qu’il faut toutefois replacer dans un certain contexte.

Ce modèle fonctionne. Il a créé cette incroyable richesse en Amérique. C’est répétable en Europe

La Commission européenne reproche pour sa part à Google d’avoir abusé de sa position dominante pour freiner le développement des startups européennes, et devrait dans les prochaines semaines infliger au groupe une amende record d’environ 3 milliards d’euros. On comprend que dans ces conditions, Eric Schmidt mette la diplomatie de côté, d’autant qu’une autre procédure concernant Android menace aussi la firme de Mountain View.

Revêtant un costume plus libéral que jamais, Eric Schmidt demande à l’Union européenne de s’inspirer davantage du modèle anglosaxon‚ et de « tolérer les idées folles des jeunes, leur donner un peu de fonds pour démarrer, et les laisser faire, et s’écarter de leur chemin ». « Ce modèle fonctionne. Il a créé cette incroyable richesse en Amérique. C’est répétable en Europe, sans aucun doute ».

Les anti-libéraux auront cependant de quoi se rassurer, en constatant qu’Eric Schmidt n’est pas d’une grande influence : en 2014, il avait plaidé pour une augmentation générale des salaires.

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