Le parquet d'Evry a ouvert une enquête après le suicide d'une jeune femme qui a souhaité « faire réagir les gens » en se donnant la mort en direct sur Periscope, sur une ligne RER C. Elle aurait porté des accusations de viol avant de réaliser son acte.

Terrible affaire, qui n’est pas provoquée par la technologie, mais à laquelle celle-ci donne une gravité particulière. France Info rapporte que le parquet d’Evry a décidé mercredi de l’ouverture d’une enquête après le suicide d’une jeune femme, qui a « mis fin à ses jours en direct dans une vidéo diffusée sur l’application Periscope devant plus de 1.000 spectateurs/followers connectés ». Elle s’est jetée sous les roues d’un train du RER C à Egly, dans l’Essonne.

Selon la radio publique, la jeune femme de 19 ans avait annoncé plusieurs heures avant son acte qu’elle allait réaliser quelque chose de particulier, en direct sur Periscope. C’est ainsi qu’elle aurait gagné progressivement des spectateurs jusqu’à l’acte final, qu’elle aurait expliqué par le désespoir d’un « déboire amoureux » (sic). Mais selon France Bleu l’affaire est bien plus grave : «  Dans la vidéo, la jeune femme expliquerait avoir subi un viol. Elle donnerait le nom de l’auteur présumé ».

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La vidéo que je suis en train de filmer n’est pas faite pour faire le buzz

La vidéo a été reprise sur YouTube, coupée par un écran noir au moment du drame. Elle commence par des explications filmées a priori chez elle par la jeune fille, qui prévient que «  la vidéo que je suis en train de filmer n’est pas faite pour faire le buzz mais pour faire réagir les gens, pour ouvrir les esprits, et rien d’autre en fait ». S’ensuite l’écran noir, puis un plan dans lequel un pompier ramasse le téléphone, qui filme toujours la scène.

Dans cette vidéo, la jeune femme explique ne pas vouloir donner « d’indices » sur ce qu’elle s’apprête à faire. Les spectateurs n’avaient donc pas de volonté macabre de suivre un suicide en direct, et ont sans doute été choqués pour beaucoup d’entre eux de découvrir la réalité de son acte. D’autres ont même reconnu la gare et ont tenté d’alerter la police, hélas trop tard.

Selon BuzzFeed, « dans les premières vidéos, diffusées le 10 mai vers midi et encore disponibles sur Periscope, elle évoque à demi-mot son suicide ».

« Elle annonce un « fameux live » et des explications pour 16h. Elle dit également des phrases comme « c’est pas ma journée, mais ça va être ma journée en quelque sorte ». La portion coupée de la vidéo pourrait correspondre à des « explications » sur le motif de son suicide », avance le média.

L’enquête du parquet permettra de faire la lumière sur l’éventuelle non assistance à personne en danger, ou sur le temps de réaction des secours. Un volet portera aussi, nécessairement, sur les accusations de viol portées par la victime.

À lire sur Numerama : Le suicide en direct sur Periscope, ou l’urgence d’un bouton d’urgence  !

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