La Chine et les États-Unis disposent désormais d'un téléphone rouge pour se tenir au courant de leurs activités dans l'espace et éviter les malentendus qui pourraient déboucher sur une crise.

Établir un contact direct afin d’éviter les malentendus qui pourraient provoquer une escalade incontrôlable. Telle est la logique qui a conduit les États-Unis et la Chine à se mettre d’accord sur l’installation d’une sorte de téléphone rouge pour que chacun puisse informer l’autre partie de ses activités dans l’espace, en particulier lorsque des tests ou des manœuvres pourraient être interprétées comme un comportement hostile.

« Nous avons beaucoup travaillé avec les Chinois là-dessus. Il y a encore 9 ou 10 mois, nous devions envoyer des notifications [sur une éventuelle collision, approche ou expérimentation] aux Chinois via leur ministère des affaires étrangères », explique au Financial Times le secrétaire d’État adjoint Frank Rose. L’information devait alors transiter par de nombreux acteurs avant d’être transmise à la Chine

« la liaison devait passer par le centre unifié des opérations spatiales, puis par le Pentagone, puis par le département d’État, puis par l’ambassade des États-Unis à Pékin et enfin à un contact sur place ». Or dans la compétition spatiale qui prend forme entre les deux nations, il devient essentiel que les autorités des deux pays puissent dialoguer plus directement pour éviter une crise.

Le risque d’une militarisation de l’espace

La Chine et les États-Unis ont signé et ratifié le traité de l’espace, comme de nombreux autres pays dans le monde. Celui-ci interdit de placer des armes de destruction massive (notamment des bombes nucléaires) en orbite autour de la Terre, de les installer sur des corps célestes ou de les déployer dans l’espace extra-atmosphérique. Plus généralement, le traité promeut une approche pacifique de l’exploration de l’espace.

Il n’en demeure pas moins qu’une militarisation rampante a quand même lieu. Des armes antisatellites sont développées par les USA et la Chine, qui peuvent être tirées depuis un avion, un navire ou une base. Des tirs de missile ont par exemple déjà eu lieu, ainsi que des tests visant à aveugler, depuis le sol, des satellites avec un rayon laser lorsqu’ils passent au-dessus d’une zone donnée.

La liaison directe entre la Chine et les USA concernant l’espace s’inspire du « téléphone rouge » qui a été mis en place peu après la crise des missiles de Cuba en 1962 entre l’Amérique et l’URSS. L’histoire a retenu de cet épisode que les deux blocs Est et Ouest sont passés très près d’un conflit nucléaire, faute de pouvoir prendre directement contact afin d’organiser la désescalade.

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