Blu-Ray : la protection BD+ fait son entrée contre les pirates
La rédaction, le Jeudi 21 Juin 2007 à 12h29
Divers -

Que les hackers se chauffent, un nouveau challenge arrive. Alors qu'ils ont déjà craqué avec succès les HD DVD et Blu-Ray, ces derniers bénéficieront bientôt d'une nouvelle protection apportée par la technologie BD+. Les spécifications viennent d'être officialisées pour ouvrir la porte aux studios et fabricants de lecteurs.

BD+ shéma de protection

On le sait depuis longtemps, le Blu-Ray est réputé offrir une meilleure protection contre le piratage que le HD DVD. C'est d'ailleurs pour cette raison que Microsoft a choisi de soutenir le HD DVD contre le Blu-Ray (si si, vous avez bien lu). Mais jusqu'à présent, ça n'était encore que de la théorie. Les deux formats haute-définition utilisaient encore les mêmes shémas de protection, qui ont été cassés en même temps par les hackers. Mais la couche supplémentaire prévue pour le Blu-Ray arrive.

BD+ Technologies LLC, une entreprise entièrement dédiée à la protection du média haute-définition, a ainsi annoncé la finalisation des spécificiations du BD+, le système de protection complémentaire du Blu-Ray. Elle a des documents parmi lesquels se trouvent les documentations techniques de la protection, les règles d'obtention des licences et les différents contrats et engagements des exploitants. Le centre qui délivre les clés BD+ a été ouvert dans le même temps, ainsi qu'un centre de test pour vérifier la compatibilité des lecteurs Blu-Ray. Car même si les lecteurs Blu-Ray déjà vendus dans le commerce sont censés être déjà compatibles, BD+ Technologies semble tellement peu sûre d'elle qu'elle a jugé utile d'ouvrir une structure de test pour les fabricants.

En pratique, qu'est-ce que le BD+ ?

Le principe de la protection BD+ est assez simple. Dès lors qu'un disque Blu-Ray avec BD+ est inséré dans le lecteur, celui-ci lance en mémoire une machine virtuelle qui comporte un interprèteur de code de 100 lignes de codes, capable de comprendre et d'exécuter jusquà 60 instructions différentes. Cette machine virtuelle va alors charger le code présent sur le disque Blu-Ray et l'interpréter. Ce code aura trois applications principales :

  1. Transformer les données audio/vidéo à la volée. Les données brutes contenues sur le Blu-Ray sont altérées pour rendre sa lecture impossible, et le code présent sur le disque doit communiquer à la machine virtuelle les intructions pour décoder les données en temps réel. Le code peut également servir à ajouter à la volée une empreinte (watermark) sur la vidéo qui est lue, pour laisser une trace identifiante au cas où la vidéo est copiée et distribuée illégalement.

  2. Effectuer un contrôle basique. Le BD+ est capable de détecter par exemple que le lecteur qui cherche à lire le film a eu son firmware altéré pour permettre la copie. Dans ces cas là, le système bloque la lecture pour ce lecteur particulier, sans que la clé de toute la gamme ait besoin d'être révoquée si la faille est découverte. Ainsi seuls les consommateurs qui ont craqué leur lecteur sont pénalisés.
  3. Effectuer des contrôles avancés. Le BD+ peut faire exécuter du code en natif à la machine qui lit le film, pour compléter au besoin les premières mesures basiques.

Pour craquer un Blu-Ray protégé avec BD+, il faut donc non seulement disposer des clés de cryptage, mais aussi être capable d'interpréter les instructions de décodage contenues sur le disque. Il faudra donc un gros travail d'ingénierie inversée pour y parvenir, ou l'exploitation d'une hypothétique faille de sécurité sur l'un des lecteurs, ce qui n'est pas impossible. En attendant (car ça n'est qu'une question de temps, comme à chaque protection), les studios devraient rapidement se porter vers cette solution qui devient la plus sécurisée sur le marché. Elle devrait donner encore un avantage de plus au Blu-Ray, qui a remporté cette semaine une victoire considérable en devenant le format HD exclusif du géant des vidéoclubs américains Blockbuster.


 
Votre avis !
8 commentaires
Le 21 Juin 2007 à 19h05

Bonne analyse.
Faire le BD+ en 1 mois c peu probable.
Ils avaient sans doute prévu leur coup avant.
Le 21 Juin 2007 à 19h28
Arf, j'imagine déjà les problèmes de compatibilité entre les anciens lecteurs et les nouveaux disques, puis les nouveaux lecteur et les anciens disques, puis...

Si ça continue, il vont sortir plus de système de protection que de film .

Bref, je ne suis pas prêt d'acheter leur bazar !
Le 21 Juin 2007 à 20h00
 
Bonne analyse oui. Disons que c'est une hypothèse comme une autre.
Et si finalement les achteurs se tourneront plus vers le plus crackable (comme Microsoft le souhaite, et faut se dire que dans le domaine du piratage ils sont les meilleurs puisque ce n'est pas une coïncidence si Windows est le plus utilisé des OS à ce jour) ???

Ca plaira bien aux majors dans un premier temps mais sur le long terme ?

Da Cryptum
Le 22 Juin 2007 à 09h58
 

J'imagine déjà les premiers acheteurs de la PS3 à qui on va dire qu'ils ne peuvent lire que les blue ray sortis els 6 premiers mois après l'achat de leur console et qu'il faut en racheter une autre. ^^
Le 02 Juillet 2007 à 14h55


Si les majors boudent le HD-DVD à cause de ses failles, peu de films sortiront sur ce support.

Donc même si c'est alléchant pour le consommateur d'acheter un lecteur qui permettra facilement de lire des copies, l'intérêt devient nul si il n'y a plus rien à copier...
Votre avis nous intéresse ! Vous pouvez ajouter un commentaire en vous connectant ou en vous inscrivant facilement sur Numerama
Téléchargement
Logiciels à télécharger et à partager
 
Guide matériel : les membres de Numerama s'informent !
Voir le guide matériel
Numerama est un site du réseau PressTIC
Comparateur de prix powered by AchetezFacile