![]() ![]() Economie de la culture numérique : la réflexion avance
![]() Les pistes pour sortir de la crise En fait, il existe différentes pistes pour améliorer la situation. La première, je l'ai déjà largement évoquée dans mon premier article : Concurrencer les systèmes pirates Les fournisseurs de contenus doivent entrer en concurrence avec les systèmes permettant les téléchargements illégaux. Cependant, pour être compétitifs aux yeux des internautes, ils doivent proposer un système infiniment plus séduisant que les premiers systèmes existants comme iTunes. Les intermédiaires doivent assimiler les règles et la culture d'Internet. Moyennant un prix raisonnable pour les utilisateurs, ils doivent offrir, la possibilité de télécharger massivement des des services à valeur ajoutée, que les services P2P basiques seraient incapables de fournir, et qui rendraient donc cette offre plus attractive que le piratage auprès des internautes bien qu'elle soit payante (à condition bien entendu que le prix demandé soit raisonnable par rapport à ce que sont prêts à accepter les internautes). Parmi ces services à valeur ajoutée, on peut imaginer, par exemple réductions sur les places de concerts et éditions collector de CD, possibilité de re-télécharger simplement (et gratuitement) l'ensemble des Un tel système aurait pour avantage de créer une rupture minimale par rapport au système actuel. Les intermédiaires pourraient garder le contrôle des contenus téléchargés via ce système légal. L'internaute, certes devrait payer pour avoir ce qu'il a aujourd'hui gratuitement, mais il y gagnerait en confort d'utilisation et en service. Il y a tout de même quelques limites non négligeables à ce système : rien ne garantie que les intermédiaires ne soient capables de construire cette offre de manière suffisamment attractive pour que les adeptes du piratage changent leurs habitudes. ce système ne respecte pas le " droit au partage " précédemment évoqué puisque les intermédiaires gardent le contrôle sur les téléchargements (via un système qui ne peut d'ailleurs être que plus coûteux que les systèmes P2P actuels). Enfin, ce système, et c'est aussi un de ses avantages, ne pourrait être mis en place qu'à la seule initiative des intermédiaires actuels. Or, quand on voit la réduction de leur activité (de leur importance) que " l'Internetisation " de la création représente, on peut comprendre qu'ils soient plus que frileux à mettre en place un tel système. Il est évident que les intermédiaires actuels préfèrent vendre des CD que mettre en place un système où ils ont beaucoup moins à gagner. Ce qu'il n'ont pas compris, c'est que le public ne leur laisse plus le choix : s'adapter (ce qui signifie aussi se restructurer et dégraisser') ou disparaître (pour être remplacés ensuite par une nouvelle génération d'intermédiaires, en phase avec le monde d'aujourd'hui). Dans le cas où les intermédiaires actuels ne trouvent pas le courage d'engager cette mutation, il y a peut être un moyen de leur donner une dernière chance, en leur forçant la main'. De plus, ce coup de pouce pourrait passer par un système particulièrement séduisant pour l'utilisateur : La légalisation du partage d' Il s'agirait de légaliser l'échange d' Cette idée, au début fortement critiquée a depuis fait son chemin. Plusieurs avant-projets particulièrement réfléchis ont déjà vu le jour, tel que la Licence de Diffusion Culturelle (LDC) de Guillaume Champeau [5] ou celui de l'EFF [6]. La mise en place d'un tel système pose de nombreux problèmes, très bien détaillés dans le projet de LDC, qui ne demande qu'à mûrir. Je ne détaillerai pas ici ces projets, cependant, il me parait important de revenir sur quelques aspects du projet LDC qui mérite précisions ou critiques : Il faut distinguer deux caractéristiques possibles de cette rétribution : le caractère obligatoire et le caractère systématique. Bien évidement, le paiement de cette rétribution doit être obligatoire pour toute personne voulant accéder aux réseaux de partage (que ce soit pour fournir du contenu et/ou en capter). Cependant, elle ne doit pas nécessairement être systématique. En effet, il me parait fondamental que cette rétribution soit prélevée au plus près de l'utilisation des réseaux d'échange. Cela signifie que seul un système faisant payer les utilisateurs réels de ces systèmes est acceptable. Une redevance payée par tous, par exemple sur l'achat de supports, sur l'accès Internet ou même seulement sur le trafic montant serait inacceptable car elle pénaliserait gravement des utilisateurs qui n'ont rien à voir avec ces réseaux d'échange et serait perçue comme une taxe supplémentaire dans notre pays dont l'un des plus grand maux est justement la surcharge de prélèvements obligatoires. [5] et [8] Or ; il n'existe pas aujourd'hui de moyen fiable pour contrôler précisément (et en respectant les libertés individuelles) l'usage que l'internaute fait de sa connexion et même de ses outils numériques au sens large (le numérique, ce n'est pas que Internet). L'existence d'un tel moyen permettrait de rendre le prélèvement de cette rétribution systématique (ou automatique, si vous préférez). Mais à défaut, un système basé sur une déclaration volontaire et un système répressif dissuasif (qui cette fois serait justifié) n'est-il pas le plus acceptable (à l'image de notre déclaration de revenus) ? Autre détail, qui peut paraître évident mais qu'il est tout de même bon de préciser : le droit de partage inclut un droit de mettre les oeuvres en notre possession à disposition d'autres personnes. Pour que le système fonctionne, il est évident que ce droit de mise a disposition ne peut s'exercer que vis-à-vis de tiers ayant eux même acquis ce droit en ayant payé la rétribution. Dans le cas ou cette rétribution se fasse sous forme d'abonnement, ce qui est le plus probable, il serait bon de se poser la question du devenir des droits de l'utilisateur lorsqu'il décide de mettre fin à cet abonnement. La fin de l'abonnement signifie évidement la fin du droit à partager (donner et/ou recevoir), mais devrait très certainement s'accompagner d'une conservation du droit d'usage (à titre privé et non onéreux) pour les Enfin, la part de la rétribution revenant aux intermédiaires doit évidement être évaluée avec soin (tout comme le montant global et unitaire de cette rétribution). Cependant, il faut bien comprendre que pour pouvoir se contenter d'une part aussi faible par rapport à ce qu'ils gagnent aujourd'hui, les intermédiaires vont évidement devoir se restructurer, au même titre que pour la première solution évoquée. L'avantage de cette solution est qu'elle leur force un peu la main. Mais le plus important, c'est que cette solution respecte le droit au partage revendiqué plus ou moins explicitement par les Internautes. Ce serait un progrès considérable ! La dernière solution, la plus osée et ambitieuse, remet profondément en question le fonctionnement actuel du monde artistique : Remplacer le Copyright par le Copyleft. Une poignée de créateurs préfèrent aujourd'hui placer leurs Le copyleft consiste, sur seule décision du créateur de l' On pourrait penser de prime abord que ce principe viole fondamentalement les droits d'auteurs. Or, ce type de réflexion, courant, " montre à quel point la culture dominante (fondée sur le principe de la propriété) et l'industrie du divertissement ont égaré le public [...]. Seuls les fraudeurs et les parasites de toute sorte ont intérêt à faire croire que copyright et droit d'auteur sont la même chose - ou que droit d'auteur s'oppose à piratage. Mais la réalité est tout autre. [...] Dans le cas des Cependant, le copyleft, s'il devenait massivement appliqué par les auteurs, risquerait de réduire considérablement leurs revenus, toute une partie de l'usage de leur travail devenant gratuit. Les auteurs travaillant aujourd'hui sous copyleft prétendent en général s'y retrouver économiquement : le copyleft permet une diffusion massive de leur travail, et donc une formidable promotion gratuite. Cet effet publicité' se ressent sur les distributions commerciales de leurs
Page 1.
Introduction
Page 2.
Mutation des intermédiaires
Page 3.
Les pistes
Page 4.
Conclusion
Page 5.
Bibliographie
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