![]() ![]() StationRipper : des milliers de MP3 légalement
Et pourtant, c'est légal
En France, la loi dispose que les ayants droits d'une chanson ne peuvent interdire " les copies ou reproductions strictement réservées à l'usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective ". En plus clair, les auteurs, artistes et producteurs ne peuvent pas vous interdire de copier la musique qui est diffusée à la radio pourvu que vous soyez le seul bénéficiaire de cet enregistrement. Dans le P2P, cette dernière restriction est très exactement ce qui pose problème. Même si certains juristes comme Jean-Baptiste Soufron argumentent avec talent que l'utilisateur d'un réseau Peer-to-Peer est protégé par l'exception pour copie privée, la plupart maintiennent toujours que l'upload, c'est-à-dire la mise en partage des fichiers téléchargés, est illégal car ne constituant pas une copie réalisée pour le seul usage privé de la personne qui télécharge. Difficile en effet de soutenir qu'un téléchargement qui s'accompagne symétriquement d'une mise à disposition est une copie réalisée pour son seul usage. En copiant, l'utilisateur copie également au profit de celui qui viendra copier à son tour. Avec StreamRipper, ces débats passionnants (au moins pour les juristes) n'ont pas lieu d'être, puisque l'enregistrement d'une radio MP3 consiste uniquement dans le téléchargement et non dans l'upload. La seule personne à mettre à disposition la musique auprès des utilisateurs est la station de radio, qui est censée avoir payé ses droits de diffusion à la SACEM ou à son équivalent national dans les autres pays. Aussi surprenant que ça puisse paraître, il n'y a pas de question d'échelle lorsque l'on parle de copie privée. Que vous enregistriez une onde radio avec votre vieux magnétophone sur une cassette à bande magnétique, ou que vous enregistriez 300 flux numériques simultanément au format MP3, au niveau juridique, le résultat est le même. Il s'agit dune copie privée, ou dans notre cas, d'une multitude de copies privées. Cette lecture de la loi a d'ailleurs été confirmée récemment à Rodez lorsque le juge a relaxé un internaute qui avait pourtant chez lui rien moins que quatre cent quatre-vingt huit copies de films ! Nous avons contacté diverses organisations de professionnels de la musique, parmi lesquelles la SACEM et la Société Civile des Producteurs de Phonogrammes (SCPP), afin de connaître leur opinion sur la question. Aucune n'a donné suite à nos appels. Pourtant StreamRipper, qui n'est qu'un logiciel parmi d'autres, démontre bien que l'industrie du disque ne fait que repousser le problème en s'attaquant aux utilisateurs de Peer-to-Peer. Il démontre que la musique sur Internet n'est pas faite pour être vendue à l'unité, mais pour être écoutée à volonté, comme un gigantesque juke-box interactif. Et au fond, cette disponibilité sans fin est peut-être bénéfique pour les ventes. " Personnellement, la raison principale qui me pousse à enregistrer est de trouver de la musique ", insiste Greg Ratajik. Lui qui aime particulièrement les musiques obscures, loin des Star Academy et autres Lori, explique avoir découvert beaucoup de morceaux qu'il n'aurait probablement jamais connu sans les avoir enregistrés sur Internet. " Le résultat n'est pas toujours génial, parfois les animateurs parlent par-dessus la musique, ou il manque la fin de la chanson, donc je finis souvent pas acheter les enregistrements que j'aime ", témoigne l'inventeur du logiciel, qui a même intégré à StreamRipper un bouton permettant d'acheter les morceaux enregistrés. Avec plus d'un million d'utilisateurs, StreamRipper est probablement sur la voie de devenir le nouveau Napster. |
Derniers articles publiés
Trouver les meilleurs prix avec Numerama
Logiciels à télécharger
|