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Piratage sur Internet : état des lieux
 



II - Piratage : le problème en détails

En une phrase, le problème posé par ces téléchargements de masse est qu'ils sont bien entendus illégaux (en grande majorité, ndlrc). L'utilisateur qui télécharge de la musique ou un film s'abstient de rémunérer ses auteurs, et porte ainsi atteinte aux droits d'auteurs (et je ne parle même pas des producteurs).


Les systèmes P2P ne sont pas illégaux en soi : ils permettent simplement à des communautés d'échanger facilement, rapidement et à moindre coût des données. Ils sont donc inattaquables. Ce qui est illégal, c'est l'usage que les utilisateurs font de ces réseaux.


Pour rappel, le droit français autorise la copie de support multimédia, lorsqu'il s'agit uniquement d'une copie à usage privé : copie de sauvegarde pour les logiciels, ou copie à utiliser par exemple dans sa voiture (CD ou cassette) ou sur son lecteur MP3 portable. En aucun cas, cette copie ne doit servir d'autres personnes, même à des amis.


On peut s'interroger alors sur les raisons d'un tel développement du piratage. En fait, deux raisons sont liées :



L'Internet à haut débit et les réseaux P2P ont mis le piratage à la portée de tous. Les logiciels p2p sont gratuits, simples d'usage et efficaces.


Mais les fournisseurs de contenu (maisons de disques, éditeurs, producteurs...) ont également leur part de responsabilité : ils ont non-seulement sous-estimé la menace, mais également sous-estimé les besoins des utilisateurs. De nos jours, indépendamment de la problématique de coût (gratuité du piratage), il y a une vraie demande des utilisateurs pour pouvoir accéder à du contenu via Internet et les écouter/visualiser à partir du PC. Les toutes premières offres légales (et donc payantes) de téléchargement de musique ne sont apparues que très récemment.... Seulement, il est un peu tard pour espérer contrer les systèmes illégaux, utilisés par des millions d'utilisateurs. De plus, il n'y a toujours aucune offre en France permettant de télécharger légalement des films. Et de toutes façons, un utilisateur a toujours plus d'intérêt à utiliser le système gratuit plutôt que celui qui est payant.



L'effet pervers de ce système, c'est qu'il réduit d'autant la rémunération des artistes. Et sans rémunération, les artistes ne pourront que disparaître (à commencer par ceux dont les
œuvres sont justement plus artistiques que commerciales). Au final, les consommateurs n'auront réussi qu'a détruire ce qu'ils appréciaient tant : la création artistique.


Enfin, les fournisseurs d'accès Internet jouent aussi un rôle dans le développement du piratage : les campagnes de publicité pour les accès haut débit sont souvent basées sur la possibilité de télécharger gratuitement musique et films : bref, c'est une incitation au piratage.


Mais les premiers responsables sont bien sûr les utilisateurs, qui prennent seuls la décision de pirater ou non. La situation est telle que certains utilisateurs n'ont même pas l'impression de faire quoi que ce soit de mal' (qu'ils sachent ou non que ce qu'ils font est illégal). Cependant, contrairement à la majorité des majors, je pense qu'il faut bien distinguer deux catégories de pirates :



Il y a le pirate qui télécharge simplement de la musique pour son usage personnel. Il évite ainsi la perte de temps dans les magasins et surtout fait de grosses économies. Le contenu devenant gratuit, il peut également se permettre de consommer' beaucoup plus qu'avant. Indépendamment de l'état actuel de la législation, j'aurais tendance à assimiler cet acte à un délit. Pour les fournisseurs de contenus, on peut parler de manque à gagner (lorsque l'utilisateur aurait effectivement acheté ces MP3 en l'absence de réseaux P2P, ce qui n'est pas souvent vrai, ndlrc).


L'autre type de pirate est celui qui gagne de l'argent (que ce soit un peu ou beaucoup) grâce au piratage : il télécharge des musiques, grave des CD, qu'il revend 5 à 10 fois moins cher qu'en magasin (tout en gardant une marge confortable). Cet acte me parait beaucoup plus grave. Il devrait d'après moi être assimilable à un crime (ou délit grave). Dans ce cas, et dans ce cas seulement, on peut vraiment parler de " vol " des fournisseurs de contenu.


La culpabilité morale' du pirate qui n'agit que pour son usage personnel est d'ailleurs bien plus complexe à établir. En effet, est-il moralement critiquable de se procurer une musique que l'on n'aurait de toutes façons pas achetée (que l'on apprécie, mais pas forcément suffisamment pour dépenser 20 euros pour pouvoir l'écouter) ? On consomme forcément plus lorsque c'est gratuit ou peu cher...



Dans le même ordre d'idées, est-il vraiment critiquable de télécharger un morceau ou un film que l'on ne connaît pas ou mal, afin de le découvrir ? Certains utilisateurs scrupuleux téléchargent de grandes quantités de contenus, qu'il gardent ou pas dans leur PC, mais vont ensuite toujours acheter en magasin les CD et DVD de ce qui leur plait vraiment parmi tout ce qu'ils ont téléchargé. Dans cette optique, les réseaux pirates deviennent les meilleurs outils de promotions qui soient (et gratuits en plus) !



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