Les labels communautaires dont vous êtes producteurs
La rédaction, le 23 Novembre 2007

Ca n'est pas une nouvelle, les majors sont en mauvaise santé. Pendant qu'elles crachent sans vergogne sur le peer-to-peer auquel elles font porter le chapeau, les artistes tournent leur nez vers le net et y voient la bouée qui les sauvera (peut-être ?) du navire s'enfonçant dans les eaux. De son côté, le consommateur refuse maintenant de participer à cette grande curée dans laquelle l'industrie lui soutira pendant des années ses précieux deniers ; il veut avoir son mot à dire. Pour résumer la situation, tout le monde est à la recherche du modèle qui conviendra à tout le monde. Les majors s'engagent timidement dans la voie de la musique financée par la publicité ; certains artistes (Radiohead, Saul Williams, Trent Reznor, Barbara Hendrix...) misent, ou comptent miser, sur le direct-to-consumer ; et du Web émergent certaines tentatives, comme la musique équitable promue par Reshape Music ou Airtist.

Pour l'instant, aucun n'a réussi à s'imposer aux yeux de tous. Spiralfrog est au bord de la faillite, Radiohead ne semble pas prêt de renouveler l'aventure, et le buzz autour de la musique équitable s'est vite essoufflé. Bref, nous sommes dans une phase où s'esquissent de nombreux modèles mais rien ne nous permet de dire si l'un l'emportera sur l'autre ou si l'avenir sera constitué d'une kyrielle de propositions différentes.

En attendant, voici un nouveau modèle qui fait son apparition : les labels communautaires

Ils se proclament "labels communautaires", et prennent les noms de SellABand, Artistshare, Spidart, Slicethepie, MyMajorCompany, ou NoMajorMusik. Ils suscitent l'engouement de nombreux observateurs et d'artistes. Ces sites veulent mettre entre les mains de l'internaute lambda et des "communauté web 2.0" le pouvoir d'une maison de production, ou plutôt, de ses actionnaires.

Les mécanismes divergent selon les services mais le principe reste toujours le même : vous misez sur un artiste auquel vous croyez et si vous tapez juste, vous pouvez escompter un retour sur investissement. Sur le papier, ça paraît prometteur. Plutôt que des directeurs artistiques au service d'actionnaires, c'est à vous de faire le pari de la réussite d'un artiste. C'est une marche de plus que gravit le Web 2.0 dans le processus de sélection des talents (rappelons que les directeurs artistiques s'appuient déjà sur des plateformes communautaires pour faire leurs choix).

Les questions posées par les labels communautaires sont cependant nombreuses. D'où l'objet de ce grand dossier de Ratiatum. Qu'il s'agisse de leur mode de fonctionnement, de leur viabilité réelle, ou même des influences que cela pourrait avoir sur la création musicale, nous avons passé les labels communautaires au banc d'essai pour vous livrer toutes nos observations.

Bonne lecture !




 
1
Page 1. Introduction
Page 2. SellaBand
Page 3. Artistshare
Page 4. Spidart
Page 5. Slicethepie
Page 6. MyMajorCompany
Page 7. NoMajorMusik
Page 8. Problématiques
Page 9. Comparatif
 
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